Le Nématode du Pin

Le Nématode du Pin

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Bursaphelenchus xylophilus (source : UC Davis)

Nom vernaculaire : Nématode du Pin

Ravageur : Bursaphelenchus xylophilus

Vecteurs : coléoptères du genre Monochamus ; en Europe, Monochamus galloprovincialis

Plantes hôtes : Préférentiellement sur Pins (Pinus spp.) ; potentiellement tous les conifères (sauf Thuya)

Impacts : perte de vigueur pouvant aller jusqu’au dépérissement et mort de l’arbre en 30-40 jours

     Le nématode du pin, Bursaphelenchus xylophilus, est un nématode parasite microscopique xylophage, ravageur des conifères, appartenant à la famille des parasitaphelenchidae. Il se nourrit des cellules du bois des conifères, et peut provoquer en quelques mois le dépérissement et la mort des arbres infestés. Les pins européens sont très sensibles au nématode du pin. Il est transmis des arbres contaminés aux arbres sains par un vecteur appartenant à l’ordre des coléoptères longicornes, du genre Monochamus (famille des cerambycidae). Ces insectes deviennent porteurs du nématode si leur développement s’est déroulé dans un arbre contaminé.

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Monochamus sp., vecteur du nématode du pin

Originaire d’Amérique du Nord où le ravageur a été décrit pour la première fois en 1929, le nématode du pin a été introduit au Japon au début du 20ème siècle, où il a provoqué des dégâts considérables. Il s’est ensuite étendu au sud de la Chine, en République de Corée, à Taïwan. On le retrouve également au Canada, Mexique et aux États-Unis. En Europe, il est présent au Portugal depuis 1999 et depuis 2008 en Espagne en foyers limités et en cours d’éradication. En France, la région des Landes, notamment, est une zone à risque en cas d’introduction de ce parasite.

Ce nématode est aujourd’hui considéré comme une espèce invasive faisant l’objet d’un plan de surveillance, de mesures de quarantaine et de désinfection obligatoire des bois. Sa dispersion est fortement favorisée par le transport de bois contaminés, les monocultures de pins et par la présence d’insectes vecteurs du genre Monochamus. Les dégâts imputés à ce parasite sont considérables, il est donc important de respecter les mesures mises en place pour limiter l’introduction et la dispersion de cette espèce invasive sur le territoire.

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monochamus sp., vecteur du nématode du pin

Biologie et Dispersion

Ce nématode est principalement mycophage (qui se nourrit de champignons), mais il est aujourd’hui un parasite de nombreuses espèces de conifères. Il est en effet également xylophage, c’est à dire qu’il consomme les cellules du bois des arbres infestés, ce qui entraine un dépérissement rapide et global de l’arbre. Son cycle de vie se répartit en deux phases distinctes: une phase mycophage durant laquelle il consomme les champignons saphroxylophages attaquant le bois mort pourrissant, qui décomposent la lignine et la cellulose que le nématode ne peut directement digérer ; et une phase xylophage durant laquelle il attaque lui même directement le bois vivant.

Dans des conditions de développement idéales, on peut dénombrer plusieurs milliers de nématodes par centimètre cube de bois infesté. Ce parasite est cependant peu mobile dans l’environnement, et contamine dans de rares cas un nouvel arbre hôte dans l’environnement proche, essentiellement lorsqu’il existe un contact physique entre un individu infesté et un individu sain (par le biais de troncs ou de racines qui se touchent, par exemple). Il est ainsi essentiellement dépendant d’un vecteur pour sa dispersion et sa transmission à un nouvel arbre hôte.

Le principal vecteur de Bursaphelenchus xylophilus en Europe est le coléoptère longicorne Monochamus galloprovincialis. Il s’agit d’une espèce xylophage, qui provoque des blessures sur les arbres par des forages pour s’alimenter et pondre ses œufs dans le bois. Dans le cas où cet insecte s’attaque à un conifère infesté par le nématode du pin, les larves de Monochamus issues des œufs pondus dans le bois de l’arbre malade vont ingérer et transporter les nématodes dans la partie supérieure de leur tube digestif. Lors de leur phase adulte, ces insectes volants vont alors se disperser pour s’alimenter et provoquer l’infection sur de nouveaux arbres hôtes par les blessures d’alimentation. Toute la phase adulte des Monochamus, qui peut durer plusieurs semaines, correspond à la phase de dispersion et d’inoculation du nématode du pin. Ces insectes sont très mobiles et réalisent de nombreux arrêts sur plusieurs arbres pour s’alimenter, et peuvent contenir plusieurs milliers de nématodes. Ainsi, la dispersion de l’agent pathogène peut être extrêmement rapide sur un territoire important. En quelques semaines, les arbres infectés peuvent alors dépérir si les conditions favorables à la multiplication des nématodes sont réunies.

Le nématode du pin peut également être dispersé par des bois de conifères contaminés, tels que les bois d’emballage, d’arrimage, de copeaux ou de déchets, et les écorces isolées de conifères. Un plan de surveillance et de désinfection obligatoire des bois a été mis en place pour réaliser des contrôles afin d’éviter une introduction accidentelle de l’agent pathogène sur le territoire.

Les Symptômes

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Dégâts occasionés par Bursaphelenchus xylophilus

Les adultes de Monochamus vecteurs du nématode du pin se nourrissent essentiellement au niveau du houppier des arbres, c’est donc la zone où l’on observera généralement les premiers symptômes de dépérissement.

Deux types d’observations sont à réaliser pour effectuer un diagnostic sur un arbre suspect.

  • L’observation de symptômes de dépérissement à proprement parler : jaunissement puis flétrissement généralisé des aiguilles sur un ou plusieurs rameaux, dus à la rupture de l’alimentation en sève par le xylème causée par la multiplication des nématodes dans la zone sous-corticale du bois.
  • L’observation de blessures causées par l’insecte vecteur : lors de la ponte, les Monochamus creusent des encoches transversales dans l’écorce. On peut observer des galeries dans le bois si l’on retire l’écorce, causées par les larves qui s’alimentent en creusant l’aubier. On peut également observer des orifices de sortie des larves ayant atteint le stade adulte, généralement arrondis, avec ou sans écorce.

Lorsque l’on observe des symptômes de dépérissement et de jaunissement associés à des traces de ponte de Monochamus, le diagnostic s’orientera sur une infestation de l’arbre par le nématode du pin.

Réglementation

Bursaphelenchus xylophilus est réglementé sur le territoire de l’Union Européenne (UE) en tant qu’organisme de quarantaine prioritaire (OQP) dont la présence est connue sur le territoire de l’UE, au titre du Règlement (UE) 2016/2031 du 26 octobre 2016 relatif aux mesures de protection contre les organismes nuisibles aux végétaux et du Règlement délégué (UE) 2019/1702 du 1er août 2019 établissant la liste des Organismes de Quarantaine Prioritaires (OQP). Les modalités d’exécution de ce nouveau règlement sont précisées dans le Règlement d’exécution (UE) 2019/2072 de la Commission du 28 novembre 2019 établissant des conditions uniformes pour la mise en œuvre du règlement (UE) 2016/2031 du Parlement européen et du Conseil, en ce qui concerne les mesures de protection contre les organismes nuisibles aux végétaux, aussi appelé « Big Act ».

Il est listé aux points 76, 77, 78, 79, 80, 81, 82 de  l’Annexe 7 du règlement UE 2016/2031 des exigences particulières concernant l’introduction sur le territoire de l’Union de certains végétaux, produits végétaux et autres objets provenant de pays tiers. Ces exigences concernent essentiellement les Bois de conifères (Pinales), notamment les bois sous la forme de copeaux, plaquettes, particules, sciures, déchets et débris de bois, issus en tout ou en partie de conifères, ainsi que les écorces isolées de conifères (Pinales). Les origines à risque sont : Canada, Chine, Japon, Corée du Sud, Mexique, Taïwan et États-Unis, pays dans lesquels la présence de Bursaphelenchus xylophilus (Steiner et Bührer) Nickle et al. est connue ; ainsi que Kazakhstan, Russie et Turquie. Des exigences particulières concernant la provenance des bois et/ou écorces de conifères, leur traitement (thermique, fumigation, imprégnation chimique), leur séchage, leur écorçage, l’absence de trous de xylophages, leurs conditions de transport, le marquage des bois, l’apposition de certificats phytosanitaires, sont prévues par ce règlement pour l’introduction du matériel végétal concerné sur le territoire de l’UE.