La Sharka

La Sharka des arbres fruitiers à noyaux

Nom vernaculaire : Sharka

Agent pathogène : Plum Pox Virus (PPV)

Plantes hôtes : arbres fruitiers à noyau du genre Prunus (pêcher, abricotier, prunier,…)

Vecteurs : puceron et l’Homme par l’utilisation de plants ou greffons contaminés

Impacts : déformation et nécrose des fruits les rendant impropres à la commercialisation.

La Sharka ou Plum Pox Virus (PPV) est une maladie virale qui touche les espèces de fruits à noyau du genre Prunus, comme les pêchers, les nectariniers, les pruniers, les abricotiers, les amandiers et certaines variétés ornementales.

Il existe 2 modes de propagation principaux :

  • soit une propagation par des pucerons,
  • soit par l’introduction de matériel végétal contaminé (plants, greffons).

A ce jour, on considère que les pucerons sont les seuls insectes vecteurs. On observe également des transmissions d’un arbre à un autre par des « soudures » de racines ou de rameaux. Par contre, les outils de taille qu’ils soient manuels ou mécaniques ne sont pas aptes à propager la maladie.

Ce virus ne présente aucun danger pour les hommes et les animaux.

La Sharka est présente en France depuis 1970, elle est classée organisme nuisible, en lutte obligatoire de façon permanente et sur tout le territoire. La Sharka est une maladie incurable, la lutte repose sur la détection précoce et l’arrachage des arbres contaminés.
Les symptômes de la Sharka s’expriment sur les feuilles, les fruits, les fleurs (certaines variétés de pêches et de nectarines), les noyaux (abricot) ainsi que parfois sur l’écorce des rameaux en hiver (uniquement sur pêcher) et sont visibles du printemps au début de l’été.

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Symptômes

Sur feuille

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Décolorations à partir des nervures visibles du printemps au début de l’été. Ces symptômes s’atténuent au cours du temps et finissent par s’estomper dans le courant de l’été sous l’effet des fortes chaleurs.

Sur fruit

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Décolorations et déformations en forme de taches ou d’anneaux visibles sur la peau.

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Sur bois

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Décolorations en forme de taches ou d’anneaux visibles sur l’écorce.

Sur fleur (pêcher à fleurs rosacées uniquement)

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Présence de stries rosées sur les pétales.

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Les moyens de lutte

Les seuls moyens de lutte actuels sont la plantation de matériel sain et l’éradication du matériel contaminé.
Pour que cette éradication soit efficace, elle doit s’appuyer sur un repérage efficace, précoce et exhaustif des arbres infectés et une élimination rapide de ces arbres (couper/dévitaliser ou arracher les arbres atteints).

Les pratiques de sur greffage à partir de matériel non contrôlé sont interdites.

En cas d’observation de symptômes de la maladie en verger, il faut marquer les arbres et les signaler rapidement aux services compétents : au Service Régional de l’Alimentation (SRAL) ou aux Fédérations de Lutte contre les Organismes Nuisibles (FREDON et FDGDON).

Ces organismes sont chargés de de la surveillance (confirmation de la présence de la maladie) et ils coordonnent la lutte obligatoire (suivi des mesures de lutte obligatoire des arbres atteints selon arrêté préfectoral).

Réglementation

Réglementation Européenne


Au niveau européen, Le virus de la Sharka, Plum Pox Virus, est réglementé sur le territoire de l’Union Européenne (UE) en tant qu’Organisme Réglementé Non de Quarantaine (ORNQ) dont la présence est connue sur le territoire de l’UE, au titre du Règlement (UE) 2016/2031 du 26 octobre 2016 relatif aux mesures de protection contre les organismes nuisibles aux végétaux et du Règlement d’exécution (UE) 2019/2072 de la Commission du 28 novembre 2019 établissant des conditions uniformes pour la mise en œuvre du règlement (UE) 2016/2031 du Parlement européen et du Conseil, en ce qui concerne les mesures de protection contre les organismes nuisibles aux végétaux, aussi appelé « Big Act ».

Le règlement d’exécution (UE) 2019-2072 liste en Annexe V, partie C les mesures visant à prévenir la présence du virus de la Sharka sur les matériels de multiplication de plantes ornementales et d’autres végétaux destinés à la plantation à des fins ornementales. Ce règlement européen précise que les mesures suivantes doivent être prises :

a) les porte-greffes à multiplication végétative de Prunus sont issus de plantes mères qui ont fait l’objet d’un échantillonnage et de tests au cours des cinq dernières années et qui se sont révélées exemptes du virus de la sharka; et

b)i) les matériels de multiplication ont été produits dans des zones connues pour être exemptes du virus de la sharka; ou

ii) aucun symptôme du virus de la sharka n’a été observé sur les matériels de multiplication du site de production au cours de la dernière saison végétative complète au moment le plus opportun de l’année, compte tenu des conditions climatiques et des conditions de culture du végétal et de la biologie du virus de la sharka, et tout végétal symptomatique situé à proximité immédiate a été arraché et détruit immédiatement; ou

iii) pas plus de 1 % des végétaux du site de production ont présenté des symptômes du virus de la sharka au cours de la dernière saison végétative complète pendant la période de l’année la plus appropriée, compte tenu des conditions climatiques et des conditions de culture du végétal et de la biologie du virus de la sharka, et tout végétal symptomatique situé à proximité immédiate a été arraché et détruit immédiatement, et un échantillon représentatif des végétaux asymptomatiques restants des lots dans lesquels des végétaux symptomatiques ont été décelés a fait l’objet de tests et s’est révélé exempt de l’organisme nuisible. Une part représentative de végétaux ne présentant aucun symptôme du virus de la sharka lors d’une inspection visuelle peut faire l’objet d’un échantillonnage et de tests sur la base d’une évaluation du risque d’infestation de ces végétaux concernant la présence de cet organisme nuisible.

L’autorité compétente, ou l’opérateur professionnel sous la supervision officielle de l’autorité compétente, effectue les contrôles et prend toute autre mesure afin de s’assurer du respect des exigences concernant les ORNQ et les végétaux destinés à la plantation correspondants.

Ces dispositions s’appliquent aux végétaux des espèces suivantes de Prunus L., destinés à la plantation, à l’exclusion des semences, telles que définies à l’Annexe V du règlement d’exécution (UE) 2019-2072: Prunus armeniaca L., Prunus blireiana Andre, Prunus brigantina Vill.,— Prunus cerasifera Ehrh., Prunus cistena Hansen,— Prunus curdica Fenzl & Fritsch., Prunus domestica ssp. domestica L., Prunus domestica ssp. insititia (L.) K. Schneid, Prunus domestica ssp. italica (Borkh.) Hegi., Prunus dulcis (Mill.) D. A. Webb, Prunus glandulosa Thunb., Prunus holosericea Batal., Prunus hortulana Bailey, Prunus japonica Thunb., Prunus mandshurica (Maxim.) Koehne, Prunus maritima Marsh., Prunus mume Sieb. and Zucc., Prunus nigra Ait., Prunus persica (L.) Batsch, Prunus salicina L., Prunus sibirica L., Prunus simonii Carr., Prunus spinosa L., Prunus tomentosa Thunb., Prunus triloba Lindl., Prunus L. sensible au virus de la sharka.

Réglementation Nationale


Au niveau national, la Sharka est réglementé par l’arrêté ministériel du 17 mars 2011. La lutte contre cet organisme nuisible demeure alors obligatoire en tout temps et lieu sur le territoire national.

Il est précisé à l’article 3 que : « Toute personne est tenue d’assurer une surveillance générale du fonds lui appartenant ou cultivé par elle, et de déclarer immédiatement la présence de symptômes du Plum Pox Virus soit directement au service régional chargé de la protection des végétaux dont elle dépend, soit au maire de la commune de sa résidence qui en avise alors ce service« .

DÉFINITIONS DES ZONES DÉLIMITÉES

L’article 4 précise la définition des zones délimitées dites « zone focale » et « zone de sécurité » en cas de détection d’un foyer. L’Arrêté préfectoral du 28 Juin 2019 précise le nom des communes couvertes, en tout ou parties de zones focales ou de zones de sécurité définies à l’article 4 de l’arrêté ministériel du 17 Mars 2011 pour la région Occitanie. Des cartes de situation épidémiologique sont consultables sur le site de la DRAAF/SRAL Occitanie à l’adresse suivante : http://draaf.occitanie.agriculture.gouv.fr/Sharka

DISPOSITIONS GÉNÉRALES RELATIVES A LA SURVEILLANCE

L’Article 7 précise les mesures à mettre en oeuvre par le Service Régional de l’Alimentation et ses délégataires (FREDON Occitanie) pour la surveillance tendant à la détection de symptômes du Plum Pox Virus :

  1. « Tout jeune verger fait l’objet d’au moins deux passages de prospection par an.
  2. Tout végétal situé en zone focale fait l’objet d’au moins deux passages de prospection par an. Un troisième passage est réalisé si le taux moyen de contamination autour du végétal isolé ou de la parcelle contaminée est supérieur à 2 %.
  3. Toute parcelle située en zone de sécurité fait l’objet d’au moins un passage de prospection par an.
  4. Toute parcelle non visée par les dispositions du 1°, 2° et 3° fait l’objet d’au moins un passage de prospection tous les six ans. »
DISPOSITIONS GÉNÉRALES RELATIVES AUX MESURES DE LUTTE

L’article 8 précise les mesures à mettre eu oeuvre en cas de détection d’un végétal contaminé : « Tout végétal contaminé par le Plum Pox Virus est détruit par coupe et dévitalisation empêchant toute repousse ou arraché au plus tard dans un délai de dix jours ouvrés suivant la constatation contradictoire mentionnée à l’article L. 251-9 du code rural et de la pêche maritime. L’arrachage s’effectue au plus tard le 31 octobre de l’année en cours. En ce qui concerne le matériel de propagation ou de multiplication, ce délai est ramené à trois jours ouvrés. Tout matériel de multiplication issu du matériel contaminé pendant la campagne végétative où la détection du Plum Pox Virus a eu lieu est détruit dans les mêmes conditions.« 

L’article 9 précise les seuils de contamination à la parcelle ou les conditions pouvant conduire à un arrachage obligatoire de l’ensemble de la parcelle : « Sans préjudice des dispositions de l’article 8, toute parcelle contaminée à plus de 10 % sur l’année en cours est détruite en totalité. Si elle comprend des végétaux en production de fruits, la destruction peut être reportée au plus tard à dix jours après la récolte. Toute parcelle non entretenue depuis plus d’un an en zone focale est arrachée en totalité et dévitalisée en cas de repousse. »

DISPOSITIONS RELATIVES AUX CONDITIONS DE PLANTATION DE VÉGÉTAUX

Des dispositions spécifiques relatives à la plantation de végétaux sensibles à la Sharka en zone focale sont précisées à l’Article 10.

« La plantation de végétaux en zone focale est soumise aux conditions suivantes :

  • pour un taux moyen de contamination supérieur à 2 % autour du lieu de plantation, ou en cas de présence à moins de 200 mètres d’une parcelle contaminée à plus de 5 % : interdiction de plantation, sauf à des fins d’expérimentation sur la résistance des matériels au Plum Pox Virus sous contrôle du service régional chargé de la protection des végétaux ;
  • pour un taux moyen de contamination compris entre 1 à 2 % autour du lieu de plantation : plantation possible de matériel porteur du passeport phytosanitaire européen, après destruction localisée des végétaux sauvages en bordure de l’implantation de la parcelle et sous condition de mise en place d’une surveillance comportant au moins trois passages annuels jusqu’à la troisième feuille inclue. Cette surveillance est organisée par les groupements de défense contre les organismes nuisibles ou les fédérations agréées, en application des articles L. 252-2 à L. 252-5 du code rural et de la pêche maritime ;
  • pour un taux moyen de contamination inférieur à 1 % autour du lieu de plantation : plantation possible de matériel porteur du passeport phytosanitaire européen, après destruction localisée des végétaux sauvages en bordure de l’implantation de la parcelle. »

L’Article 11 précise que « Toute personne qui souhaite planter un végétal peut demander au service régional chargé de la protection des végétaux, compte tenu de sa localisation, de lui communiquer les données relatives à la situation épidémiologique de la zone concernée.« 

L’Article 12 précise que « sans préjudice de l’article 10, la replantation au sein d’un lieu de production d’un arbre isolé, en remplacement d’un arbre détruit ou arraché pour cause de contamination par le Plum Pox Virus, ne peut avoir lieu avant un délai incompressible d’un an après cet arrachage« .

DISPOSITIONS SPÉCIFIQUES RELATIVES AU MATÉRIEL DE MULTIPLICATION ET DE PROPAGATION, A L’EXCEPTION DES SEMENCES

L’Article 14 précise que « Toute personne qui, dans le cadre de son activité professionnelle, souhaite planter une parcelle destinée à contenir du matériel de propagation ou de multiplication sans préjudice de l’obligation d’inscription au registre officiel du contrôle phytosanitaire visée au II de l’article L. 251-12 du code rural et de la pêche maritime, en informe le service régional chargé de la protection des végétaux, au plus tard le 1er avril pour une plantation prévue à l’automne de la même année ou à l’hiver suivant, qui lui communiquera en retour des données relatives à la situation phytosanitaire de la zone concernée. Tout matériel de multiplication prélevé, utilisé ou mis en circulation provient d’une parcelle de production de matériel de multiplication ou de propagation ayant fait l’objet d’une déclaration préalable auprès du service régional chargé de la protection des végétaux. »

L’Article 15 précise les mesures de surveillance mises en oeuvre pour les parcelles de matériel de multiplication et de propagation : « Autour du lieu de production, dans un rayon d’au moins mille mètres, une surveillance comportant au moins deux passages, tendant à la détection de symptômes du Plum Pox Virus, est réalisée sur la totalité des vergers de Prunus. Cette surveillance est organisée par les groupements de défense contre les organismes nuisibles ou les fédérations agréées, en application des articles L. 252-2 à L. 252-5 du code rural et de la pêche maritime.« 

L’Article 15 précise également les conditions de contamination selon lesquelles la délivrance du passeport phytosanitaire est suspendue pour tout végétal hors abri « insect proof », destiné à la plantation, à l’exception des semences :

  • « lorsqu’un végétal est contaminé dans ledit lieu de production, ou ;
  • lorsqu’un végétal hors abri « insect proof » est contaminé dans un périmètre de deux cent mètres autour de la bordure extérieure du lieu de production, ou ;
  • lorsqu’un végétal sous abri « insect proof » est contaminé dans un périmètre de soixante mètres autour de la bordure extérieure du lieu de production.
  • Dans un lieu de production, la délivrance du passeport phytosanitaire européen est suspendue pour tout végétal sous abri « insect proof », destiné à la plantation, à l’exception des semences, dans les cas suivants :
  • lorsqu’un végétal est contaminé dans ledit abri « insect proof », ou ;
  • lorsqu’un végétal hors abri « insect proof » est contaminé dans ledit lieu de production ou dans un périmètre de soixante mètres autour de la bordure extérieure de ce lieu de production.«