Virus de la tomate ToBRFV (Tomato brown rugose virus)
Virus de la tomate ToBRFV (Tomato brown rugose virus)

Virus de la tomate ToBRFV (Tomato brown rugose virus)

Virus de la tomate ToBRFV (Tomato brown rugose virus)

Rappel chronologique et règlementaire

La tomate est le premier légume consommé par les Français avec un peu plus de 13,9 kg par ménage et par an. La culture de tomates en France est la première culture légumière avec 712 000 t produites en 2018.

Ce virus a été observé pour la première fois en Israël en 2014, puis a été trouvé en 2018 sur des cultures de tomate au Mexique, aux Etats-Unis, en Allemagne et en Italie. En 2019, le virus atteint les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Grèce. En mars 2019, il est observé en Belgique. En février 2020, le premier cas est identifié en France dans le Finistère.

Le 26/09/2019, une décision d’exécution européenne 2019/1615 établit les mesures d’urgence pour éviter l’introduction et la propagation du virus (voir « Répercussion de la décision UE » en p. 3)

Fin 2019, il est ajouté  à la liste d’alerte de l’OEPP (Organisation Européenne et méditerranéenne pour la Protection des Plantes).  Il devient Organisme de Quarantaine Provisoire au 1er novembre 2019.

14/12/2019 : entrée en vigueur de la réforme du sanitaire qui vise également à protéger le territoire UE de l’introduction et la dissémination d’organismes nuisibles pour les végétaux. Il prévoit notamment le renforcement et l’extension du dispositif de délivrance du passeport phytosanitaire.

Descriptions & symptômes

Les cultures de solanacées sont concernées (essentiellement tomates et poivrons, et aubergines dans une moindre mesure).

La probabilité d’introduction et de diffusion du ToBRFV sur le territoire national est qualifiée de très élevée par l’Anses sachant que les dégâts associés peuvent être très importants en culture de tomates (jusqu’à 100%) et de poivrons.

Les symptômes sont variés et sont assez similaires à d’autres Tobamovirus  :

  • Chloroses, marbrures, mosaïques, rétrécissement et/ou froissement sur feuilles (rugose),
  • Nécrose du pédicule, calices ou pétioles,
  • Taches jaunes sur les fruits.

 

Mode de transmission :

  •  par les semences, les plants, les fruits infectés,
  • par l’homme (outils, vêtements),
  • par  les insectes,
  • entre les plantes d’une même espèce ou d’une espèce à l’autre
  • il survit longtemps à l’air libre, dans le sol, l’eau, les plantes et les matériaux inertes (vêtements et outils).
  • les fruits, le tabac, les plantes hôtes (ex. les plantes ornementales) et les graines sont des sources potentielles de propagation à longue distance.

 

Il s’agit d’un mode de transmission par contact.

Les plantes et fruits infectés transportent des concentrations très élevées du virus.

Les plantes et fruits infectés manipulés par un travailleur agricole représentent un risque majeur de propagation à de nouvelles cultures.

Conséquences et risques

Selon l’Agence de sécurité sanitaire (Anses), le virus de la tomate peut infecter jusqu’à 100% des plantes sur un site de production, ce qui le rend redoutable pour les cultures à haute densité de plantation comme les cultures sous serre. En revanche, il n’a pas d’impact sur l’homme.

La diffusion de ce virus sur le territoire national « aurait des conséquences économiques majeures pour la filière mais également les jardiniers amateurs« .

 

Gestion du risque

Un protocole sanitaire à destination des producteurs a été élaboré en 2019 pour la gestion spécifique des maladies et virus transmis par contact sur tomate.

Il est disponible auprès de vos conseillers ou sur le site : http://www.aprel.fr/publication.php

Compte tenu de l’absence de traitements  et de la dangerosité des conditions de propagation la prévention est essentielle et exige la mise  en place de mesures très strictes d’hygiène sur les personnes et les objets.

La gestion de ce virus passe essentiellement par :

  • des mesures prophylactiques strictes: désinfection des outils et élimination des débris de culture
  • l’utilisation de semences ou de plants certifiés.

En outre, il est fortement recommandé :

  • d’éviter toute introduction de plants ou matériel végétal issu d’autres pays.
  • de prendre les mesures nécessaires pour éviter les risques sanitaires liés aux personnes qui entrent dans la serre (tenues de travail, autorisations d’accès, portes fermées, vêtements, gants et chaussures de protection, etc.).

▲ Attention aussi au matériel (caisses, outils, etc.) venant de l’extérieur de l’exploitation.

  • Tout symptôme douteux doit faire l’objet d’une analyse. La similarité des symptômes avec d’autres Tobamovirus constitue un risque important : il est essentiel que les plantes suspectes soient échantillonnées et testées par un laboratoire accrédité.

  • Contactez votre DRAAF SRAL en pareil cas.

 

Plus d’informations :

Analyse de risques de l’ANSES :

https://www.anses.fr/fr/content/l%E2%80%99anses-met-en-garde-contre-un-virus-%C3%A9mergent-qui-affecte-les-plantes-potag%C3%A8res

Des outils de communication et de recommandation (fiches, protocole sanitaire) sont mis à disposition pour faciliter la communication auprès de chaque personne en relation avec les cultures de tomate (fournisseurs, techniciens, salariés, visiteurs, etc.).

Elles sont disponibles sur le site de l’APREL et auprès de vos conseillers (http://www.aprel.fr/publication.php).

Informations complémentaires de l’EPPO [1]:

 

Répercussions de la décision d’exécution 2019/1615

Outre les exigences sur plants destinés à la plantation de ces deux espèces, cette décision impose notamment des exigences supplémentaires sur les semences de tomate et de poivron :

  • à l’import en UE :  semences provenant de pays ou de zones indemnes, officiellement déclarés comme tels par l’Organisation nationale de la protection des végétaux (ONPV) du pays, OU analyses sur échantillons représentatifs avec méthodes appropriées,  à noter en déclaration supplémentaire (DS – case 11) du certificat export (ces deux espèces étaient déjà soumises à CP export, mais une DS se rajoute) ;
  • à la circulation en UE : provenant de zones où le ToBRFV est inconnu OU analyses sur échantillons représentatifs qui conditionnent la délivrance du passeport phytosanitaire, qui doit accompagner les semences (les semences de poivrons sont effet désormais soumises au passeport phyto depuis le 01/11/2019) ;

Le lien vers le site de l’UE, indiquant pour chaque pays tiers les déclarations pouvant être apposées en DS sur les Certificats, lors de l’import de végétaux en UE (en lien avec la 2000/29/CE et/ou les décisions d’urgence par organisme nuisible) :

https://ec.europa.eu/food/plant/plant_health_biosecurity/non_eu_trade/declarations_en

Site listant les décisions d’urgence par organisme nuisible :

https://ec.europa.eu/food/plant/plant_health_biosecurity/legislation/emergency_measures_en