La Flavescence dorée

 La Flavescence dorée de la Vigne

Nom de la maladie : La flavescence dorée de la vigne

Agent infectieux : Phytoplasme

Plante hôte : Vitis vinifera

Vecteur : Cicadelle de la flavescence dorée (Scaphoïdeus titanus)

Impacts : Perte de récolte, mort des ceps de vigne infectés

     La flavescence dorée de la vigne est une maladie à phytoplasme, un agent infectieux apparenté aux bactéries mais qui ne présente pas de paroi cellulaire. Cette maladie est l’une des plus importante sur la vigne en France et fait l’objet d’un plan de quarantaine.

     Le phytoplasme est transmis à la vigne par la cicadelle vectrice de la flavescence, Scaphoïdeus titanus. Cette maladie serait originaire d’Europe puisque les dernières recherches génomiques montrent que des phytoplasmes analogues ont toujours été présents dans d’autres plantes telles que l’aulne ou la clématite. L’insecte vecteur est quand à lui originaire d’Amérique du Nord, mais est aujourd’hui présent dans bon nombre de régions françaises. Les risques d’infection au vignoble sont élevés lorsque l’on observe la présence simultanée de l’insecte vecteur et du phytoplasme, qui pénètre dans la plante par l’intermédiaire des piqures de nutrition de la cicadelle.

     Actuellement, la flavescence dorée est présente dans une grande partie des vignobles français. Cette maladie est apparue en France dans les années 60 en Aquitaine. Dans notre région, la maladie est apparue en 1982, tout d’abord dans l’Aude puis dans les Pyrénées-Orientales. Aujourd’hui, tout le vignoble languedocien est concerné.

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Dégâts occasionnés sur grappe
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foyer de flavescence dorée sur vigne

Impacts au vignoble

La flavescence dorée a une incidence économique importante sur le vignoble. Elle occasionne des pertes de récolte. Elle peut entraîner la mort des ceps et compromettre, à terme, la pérennité du vignoble. Au delà de 20% de ceps contaminés, l’arrachage de la parcelle est obligatoire.

La flavescence dorée est de caractère épidémique avec une progression très rapide du nombre de ceps malades. Cette caractéristique rend la lutte indispensable et obligatoire. Elle doit être collective pour être efficace.

Les Symptômes

Symptômes sur feuilles

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  • Au printemps : retard au débourrement
  • Pendant l’été : rougissement pour les cépages rouges et jaunissement pour les cépages blancs. Ces décolorations sont plus ou moins bien délimitées par les nervures. Les feuilles deviennent épaisses, cassantes et s’enroulent « en tuile » de façon plus ou moins importante selon les cépages. L’intensité de ces symptômes peut varier d’un cépage à un autre.

Symptômes sur rameaux

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Les sarments n’aoûtent pas ou de façon partielle, ils restent verts et caoutchouteux ce qui donne un port retombant à la souche.

Sur inflorescences ou grappes

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L’inflorescence se dessèche, la rafle et les baies flétrissent. Il suffit qu’un seul rameau présente ces symptômes pour que la souche puisse être considérée comme contaminée. En effet, le phytoplasme n’est pas réparti de manière homogène dans le cep. A plus ou moins long terme, la souche infestée meurt.

Les symptômes sur cépages rouges
Les symptômes sur cépages blancs

La lutte obligatoire

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En zone de lutte obligatoire, la lutte contre l’insecte vecteur est obligatoire.

Cette lutte systématique repose sur :

  • La lutte insecticide contre le vecteur. Par exemple, dans l’Hérault, 3 traitements insecticides en période de végétation à des dates définies par le SRA
  • La destruction systématique des plantes contaminées. L’assainissement repose sur le repérage et l’arrachage des souches contaminées.

La réglementation impose l’arrachage complet des parcelles dont la proportion de ceps atteints dépasse un certain seuil (20 % en Languedoc-Roussillon).

Réglementation

Réglementation National


Arrêté National du 27 avril 2021 relatif à la lutte contre la flavescence dorée de la vigne et contre son agent vecteur (extrait)

Prospections en zone délimitée et à proximité des zones délimitées
Art. 5. – Tout propriétaire ou détenteur de vigne située en zone délimitée, autre qu’un matériel en pépinière viticole ou qu’une vigne-mère de porte-greffe ou de greffons, réalise ou fait réaliser, sous le contrôle de la Draaf- Sral ou de l’organisme à vocation sanitaire compétent (OVS), une prospection visant à rechercher des symptômes de flavescence dorée dans les conditions prévues par l’article L.201-8 du code rural et de la pêche maritime.
Cette prospection est réalisée selon une programmation établie sous l’autorité des Draaf-Sral, de telle sorte que:
– l’ensemble du vignoble en zone délimitée d’une commune soit prospecté sur un maximum de 5 années,
– les environnements immédiats des vignes-mères et pépinières soient prospectés selon les modalités indiquées en annexe I.
Les hôtes secondaires du phytoplasme de la flavescence dorée autres que Vitis L. font l’objet d’une surveillance spécifique, selon une analyse de risque réalisée par la Draaf-Sral.

Élimination des végétaux infestés
Art. 7. – Tout cep de vigne identifié comme infesté par la flavescence dorée suite à un résultat d’analyse officielle doit être arraché ou détruit dans les conditions fixées par l’article 10. Dans la zone délimitée, tout cep de vigne présentant des symptômes de type jaunisse à phytoplasme doit être arraché ou détruit dans les conditions fixées par l’article 10.
Art. 8. – Les parcelles ou parties de parcelle de vignes dont le taux de ceps infestés par la flavescence dorée ou présentant des symptômes de type jaunisse à phytoplasme, cumulés sur une durée maximale de 3 campagnes consécutives, est égal ou supérieur au seuil de 20 %, sont arrachées en totalité. Le taux indiqué ci-dessus est calculé selon les modalités indiquées en annexe 2 du présent arrêté.
Art. 9. – En zone délimitée, toute vigne non cultivée située à moins de 250 m d’une vigne-mère doit être arrachée par son propriétaire ou détenteur. En zone délimitée, l’arrachage des vignes non cultivées peut être imposé par arrêté du préfet de région, après analyse de risque de la Draaf-Sral.
Art. 10. – Les propriétaires ou détenteurs de vignes procèdent aux destructions ou aux arrachages mentionnés aux articles 7 à 9 le plus tôt possible suivant la découverte de l’infestation ou le dépassement du seuil fixé à l’article 8, de telle sorte qu’ils empêchent toute repousse. La date limite d’arrachage est fixée par arrêté préfectoral du préfet de région et ne peut être postérieure au 31 mars de l’année suivant la découverte de l’infestation ou le dépassement du seuil fixé à l’article 8.
Art. 11. – Les repousses de vignes de ceps arrachés ou détruits en application de l’article 7 ainsi que les parcelles ou parties de parcelles arrachées ou détruites en application des articles 8 et 9 sont éliminées dans les conditions prévues par l’article 10.

Mesures visant à éviter la propagation de la flavescence dorée
Art. 12. – Dans les zones délimitées définies à l’article 3, le contrôle de l’agent vecteur de la maladie, Scaphoideus titanus, est obligatoire.
Il est réalisé au moyen de produits phytopharmaceutiques autorisés à la mise sur le marché contre cet insecte ou de préférence, s’il existe, de tout moyen autre qu’un produit phytopharmaceutique.
Le nombre et la date des traitements sont déterminés sur la base d’une évaluation du risque sanitaire et sont diffusés par la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt, dans la limite des conditions prévues par l’autorisation de mise sur le marché.
Ces mesures de lutte sont mises en œuvre par tous les propriétaires et détenteurs de vigne, y compris les particuliers.
Par arrêté préfectoral, il peut être dérogé au respect des zones non traitées au voisinage des points d’eau prévues aux articles 12-II et 12-III de l’arrêté du 4 mai 2017 révisé.
Dans ce cas, l’arrêté précise les mesures visant à protéger les points d’eau, qui doivent comprendre au minimum le respect d’une zone non traitée d’une largeur minimale de 3 mètres, ainsi que les mesures de surveillance destinées à éviter le risque de propagation de la flavescence dorée dans cette zone.
L’arrêté préfectoral peut préciser les conditions spécifiques d’application des produits visés à l’article 14-2 de l’arrêté du 4 mai 2017 révisé susvisé à proximité des lieux mentionnés à l’article L. 253-7-1 du code rural et de la pêche maritime et au III de l’article L. 253-8 du même code.