Le Chancre coloré du platane

Le Chancre coloré du platane

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Nom vernaculaire : Chancre coloré du Platane

Agent pathogène : Champignon ascomycète, Ceratocystis fimbriata f. sp. platani

Plante hôte : Platane commun (Platanus x hispanica)

Vecteurs : Homme, eau, insectes

Impacts : dépérissement, mort des arbres atteints et propagation rapide aux arbres proches

Le chancre coloré est une maladie due à un champignon ascomycète, le Ceratocystis fimbriata platani, qui est spécifique du platane (Platanus sp.). Il est très virulent et peut détruire en quelques mois les platanes les plus vigoureux.

Il est arrivé en France à Marseille en 1945, lors du débarquement en Provence des troupes américaines (bois des caisses de munitions). Le parasite ne sera identifié qu’à partir de 1974, mais les platanes sont touchés par cette maladie depuis le début des années 70.

Impacts

Ce champignon est un pathogène virulent des platanes menaçant de nombreux sites patrimoniaux du Sud de la France. Quelques spores suffisent pour amorcer une infection. Ce champignon se répand ensuite de proche en proche très facilement et peut conduire à la mort d’individus très vigoureux en quelques mois.

Les spores peuvent être véhiculés par l’Homme (outils de taille), les engins, le vent, l’eau, les animaux et les insectes. Une fois que le champignon a réussi à pénétrer dans le végétal par voie racinaire ou par le biais d’une blessure, il colonise le xylème et les rayons ligneux du bois. Le flux de sève est perturbé par son développement et le xylème est progressivement détruit jusqu’à provoquer la mort de l’individu affecté.

Le champignon peut se développer à des températures allant de 10 à 45°C, avec un optimal autour des 26°C. Il supporte très bien les températures négatives, les périodes hivernales n’ont donc aucun effet sur lui. De plus, des expérimentateurs ont montré que C. fimbriata f. sp. platani pouvait survivre dans un sol pendant au moins 5 ans.

Depuis Mai 2015, 8 départements sont concernés par des foyers de chancre coloré. La lutte obligatoire contre le chancre coloré du platane concerne plus de 74 communes sur l’Aude, l’Hérault, le Gard et les Pyrénées Orientales : 64 platanes abattus en milieu « sec » en 2015 (plus de 600 depuis 1990). 3 foyers terrestres ont été gérés sur le Tarn et la Haute-Garonne : 41 platanes abattus.

La lutte contre la maladie le long du Canal du Midi, site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, mobilise de nombreux acteurs institutionnels, politiques, associatifs et citoyens et représente un sujet sensible : les foyers progressent sur le tronçon à l’aval de Castelnaudary (plus de 4000 arbres supplémentaires abattus en 2015) ; des premiers foyers ont été identifiés aux portes de Toulouse. En 50 ans, on recense plus de 50 000 platanes morts du chancre coloré en France.

De par sa propagation particulièrement rapide et par sa pathogénicité, ce champignon menace encore aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers de platanes et fait l’objet de nombreuses mesures de surveillance et d’assainissement des platanes infectés sur le territoire.

Les symptômes

Le Chancre coloré peut vivre 7 -15 jours à la surface d’une plaie. Le champignon pénètre en général par une plaie, puis colonise les canaux de sève de l’arbre et libère des toxines. Voici en quelques points les symptômes caractéristiques que l’on peut observer  en cas d’infection par le Chancre coloré :

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L’écorce sèche, devient grise et craquelle tout en restant adhérente

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Chute du feuillage et dessèchement des rameaux

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Coloration grise, bleue à violacée sur le tronc ayant l’aspect d’une flamme

Moyens de Lutte

Il n’existe à ce jour aucun traitement curatif contre le chancre coloré du platane.

La variété partiellement tolérante PLATANOR® Vallis clausa a été développée afin de pouvoir replanter les sites d’arrachage avec ce cultivar, mais la résistance variétale de ce cultivar est soumise à certaines réserves sans avoir un recul suffisant pour s’assurer qu’il n’y ait pas de mécanismes de contournement par l’agent pathogène. Récemment, le ministère en charge de l’agriculture a été informé d’une suspicion de sensibilité concernant quelques individus de ce clone. Des études sont en cours sur ce sujet. Dans l’attente des résultats et afin de préserver la résistance de ce cultivar, il est nécessaire de ne pas le planter sur des sites infestés en remplacement de platanes abattus.

Aujourd’hui, la seule solution en cas de détection d’un foyer est l’arrachage systématique du ou des arbres contaminés et des arbres adjacents, et la destruction sur site par des agents agréés à réaliser cet assainissement afin d’éviter la dispersion du pathogène. Il est important de ne pas replanter de platanes directement sur les sites d’arrachage afin d’éviter une nouvelle contamination via des sols contaminés. Les modalités des méthodes de lutte à mettre en œuvre sont précisées dans l’arrêté national du 22/12/2015.

Dans ce contexte, la stratégie de lutte actuelle repose sur différents éléments-clé:

  • des méthodes prophylactiques visant à prévenir la transmission du champignon aux arbres sains (le champignon ne peut se transmettre que par une blessure),
  • la surveillance et la détection précoce de la présence du pathogène, l’éradication de ce dernier par destruction du végétal contaminé selon des procédures strictes sous contrôle des services en charge de la protection des végétaux,
  • l’abattage préventif des arbres situés à proximité d’arbres infestés. Ce dernier point s’avère nécessaire, compte tenu de la propagation du pathogène aux platanes environnants via les connexions opérant au niveau de leur racines (anastomoses).
Que faire si j’observe des symptômes de la maladie ?

Dans tous les cas, en cas d’observation de symptômes de la maladie, il faut marquer les arbres et les signaler rapidement aux services compétents : au Service Régional de l’Alimentation (SRAL) ou aux Fédérations de Lutte contre les Organismes Nuisibles (FREDON et FDGDON). Ces organismes sont chargés de de la surveillance (confirmation de la présence de la maladie) et ils coordonnent la lutte contre cet agent pathogène.

Réglementation

En France, l’agent responsable du chancre coloré du platane, Ceratocystis platani, est inscrit au titre d’organisme nuisible dans l’Annexe A de l’Arrêté du 21 Juillet 2017. Il s’agit d’un organisme nuisible de première catégorie, au titre de l’Arrêté du 15 décembre 2014. Au sein de la communauté européenne, il est réglementé par la directive 2000/29/CE du 8 Mai 2000 concernant les mesures de protection contre l’introduction dans la Communauté d’organismes nuisibles aux végétaux ou aux produits végétaux et contre leur propagation à l’intérieur de la Communauté.

En France, la lutte contre le chancre coloré est obligatoire de façon permanente sur tout le territoire ; les modalités de cette lutte sont décrites dans l’arrêté national du 22 décembre 2015.