Le Tigre du Platane

Le Tigre du Platane

Ressources

  • Plaquette Tigre du Platane (prochainement)
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Nom vernaculaire : Tigre du Platane ; Punaise réticulée du Platane

Ravageur : Corythucha ciliata ; ordre des hémiptères, famille des Tingidae.

Plantes hôtes : Platanus spp.

Impacts : Dépigmentations foliaires, diminution de la photosynthèse, altération de la croissance, affaiblissement des arbres atteints et plus grande sensibilité aux facteurs climatiques et infectieux.

Généralités et cycle de vie

  • Origine du ravageur

Le tigre du platane est originaire de l’Est des États-Unis et du Canada. Il a été observé pour la première fois en Europe en 1964 à Padoue (Italie), et signalé à Antibes (France) en 1975. De là, il s’est répandu dans toute l’Europe centrale et méridionale.

Outre l’Italie et la France, on le trouve notamment en Allemagne, Autriche, Bulgarie, Croatie, Espagne, Grèce, Hongrie, Monténégro, Portugal, République Tchèque, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suisse. Il a également été signalé en Russie en 1997 et plus récemment en Chine en 2006. L’espèce a aussi été observée en Grande-Bretagne (Bedfordshire) en 2006, ainsi qu’en Turquie en 2007. Elle est également présente en Corée du Sud, au Japon, et au Chili. En France, ce ravageur est présent sur l’ensemble du territoire.

  • Morphologie

L’adulte mesure 3 à 4 mm de long. Il est de couleur blanc-crème, les ailes sont transparentes et réticulées de blanc. Les ailes antérieures portent une tâche noire au centre. Les antennes sont blanc sale, poilues avec une extrémité en forme de massue. Les larves sont légèrement plus petites que les adultes, blanchâtres, et les ailes apparaissent au fur et à mesure de l’évolution des stades larvaires.

  • Cycle de vie

Le tigre du platane est un insecte qui peut réaliser jusqu’à quatre générations annuelles. Les adultes hivernent sous l’écorce (rhytidomes) ou dans des anfractuosités du tronc des platanes. Au printemps, les adultes se positionnent à proximité de la nervure centrale à la face inférieure des feuilles afin de s’alimenter. L’accouplement a lieu après une quinzaine de jours, et la femelle peut déposer plus de 300 œufs, pondus de façon agrégée ou plus disparate, toujours à proximité de la nervure centrale de la feuille. La phase d’incubation des œufs est de 18 à 20 jours.Les larves s’alimentent de sève immédiatement après l’éclosion. Elles sont grégaires au cours des premiers stades de leur développement, puis se dispersent par la suite dans le feuillage de la branche infestée. Les larves vont passer par 5 stades larvaires avant d’arriver à l’âge adulte.

 

Impacts

  • Dégâts imputés à ce ravageur

Le tigre du platane cause un dépérissement marqué des arbres atteints. La prise alimentaires des larves et des adultes provoque une dépigmentation foliaire caractéristique au niveau des tissus parenchymateux, particulièrement aux abords de la nervure centrale. Les feuilles atteintes prennent un aspect chlorotique, peuvent se dessécher et tomber au sol. Les arbres fortement atteints peuvent ainsi aller jusqu’à prendre l’aspect d’arbres morts totalement défoliés en plein été suite à une attaque importante.

Plusieurs années d’attaques répétées de Corythucha ciliata peuvent entraîner un affaiblissement poussé des arbres atteints, qui seront alors plus sensibles aux facteurs de stress biotiques et abiotiques, qui combinés pourront à terme causer la mort de l’arbre. Les arbres ainsi affaiblis deviennent notamment beaucoup plus sensibles aux attaques de champignons, notamment au chancre coloré du platane qui est une maladie très problématique en Languedoc-Roussillon.

Au delà des dégâts physiologiques sur les végétaux atteints, la forte abondance d’adultes de C. ciliata peut entraîner une forte nuisibilité pour les riverains et les promeneurs.

  • Suspicion de transmission de maladies

C. ciliata est associé à deux champignons pathogènes très dangereux, Ceratocystis fimbriata et Apiognomonia venata, agents respectivement du Chancre coloré du platane et de l’Anthracnose du platane. Bien que leur rôle dans l’infection soit encore flou, il est prouvé qu’ils sont des vecteurs de spores de ces champignons, et qu’ils favorisent sa dispersion. De plus, les primo-infections sont favorisées sur les arbres déjà affaiblis par leur présence.

Symptômes

Les arbres atteints présentent une dépigmentation et des décolorations nettes des feuilles attaquées. En cas d’infestation poussée, les feuilles peuvent se dessécher et tomber au sol précocement, et l’on observe une surproduction de miellat qui tombe des rameaux attaqués. L’arbre présente ainsi des défoliations importantes sur quelques rameaux au départ, puis à terme sur l’ensemble de la couronne. On les distingue facilement des arbres avoisinants en bonne santé car ils sont alors complètements défoliés, comme en hiver. Dans des cas d’attaques répétées, les arbres affaiblis peuvent exprimer des symptômes de stress biotique ou abiotique poussés ; dans les cas les plus graves, C. ciliata peut entrainer la mort des arbres attaqués.

La présence du ravageur est facilement observable : sur la face inférieure des feuilles, les adultes et les larves de Corythucha ciliata sont simples à observer. Le vol des adultes et la chute de miellat passent également rarement inaperçus, et constituent une source de désagréments pour les personnes vivant ou se promenant à proximité des arbres touchés.

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Adultes et larves le long des nervures
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Décolorations foliaires
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Larves, adultes et dégâts sur feuilles
Que faire si j’observe des symptômes de la présence de ce ravageur ?

En cas d’observation de symptômes de la présence du ravageur, il faut marquer les arbres et les signaler rapidement aux services compétents : au Service Régional de l’Alimentation (SRAL) ou aux Fédérations de Lutte contre les Organismes Nuisibles (FREDON et FDGDON). Ces organismes sont chargés de de la surveillance (confirmation de la présence de la maladie) et ils coordonnent la lutte contre ce ravageur.

Moyens de Lutte

  • Lutte chimique

    La lutte chimique est habituellement utilisée de façon curative pour réguler les populations de ces ravageurs. Il est toutefois important de raisonner le recours aux insecticides en fonction de l’intensité de l’attaque et des effets non intentionnels (sites de promenade, quartiers résidentiels, etc.). La lutte à base de produits phytopharmaceutiques est uniquement réalisée par des professionnels et entreprises agréés.

    Les traitements se font soit :

    > En été : traitements vers la frondaison visant à réduire les populations (adultes et larves) présentes sur le feuillage de l’arbre. Ils sont justifiés lorsque la surface foliaire dépigmentée est supérieure à 20%. Cet insecte étant très mobile, il est nécessaire de traiter sur l’ensemble du feuillage et sur l’ensemble des arbres d’une même zone.

    > En fin hiver : traitements sur l’ensemble du tronc et des grosses branches charpentières. Pour un meilleur résultat, il est préférable de retirer un maximum de rhytidomes de l’arbre. Cela évite qu’un certain nombre d’individus échappent au traitement en restant à l’abri derrière ces plaques d’écorces. Ces traitements visent à réduire les populations hivernantes avant le débourrement des platanes, et par conséquent la migration des tigres adultes.

Pour connaître la liste des produits homologués, en traitements des parties aériennes, sur les arbres et arbustes d’ornements, consulter le site E-phy.

  • Lutte biologique

    Il est aujourd’hui possible de substituer la lutte chimique à un traitement en lutte biologique. Cela permet de contribuer aux enjeux de réductions des intrants phytopharmaceutiques et de pouvoir utiliser des traitements à faible impact sur la santé et sur l’environnement, notamment dans les zones sensibles et habitées.

    La lutte biologique est réalisée en combinant l’action d’un nématode entomopathogène et d’un prédateur. Les stratégies utilisées et les prescriptions sont issues des résultats de programmes de recherche conduits ces dernières années. Vous pouvez consulter le site internet de la FREDON-PACA pour plus d’informations sur la lutte biologique contre le tigre du platane.

Réglementation

En France, le tigre du platane Corythucha ciliata n’est pas un organisme réglementé et la lutte contre ce ravageur n’est pas obligatoire.