La Bactériose du Kiwi

La Bactériose du Kiwi

Nom vernaculaire : Bactériose du Kiwi

Agent pathogène : Pseudomonas syringae pv. actinidiae (PSA)

Plantes hôtes : toutes les variétés de kiwi, avec une sensibilité accrue pour les kiwis à chair jaune et les kiwis précoces à chair verte (summer kiwi)

Vecteurs : propagation très rapide à travers le matériel végétal infecté, matériels agricoles, outils de taille, équipements, pollen, pluie

Impacts : l’attaque du chancre bactérien cause un affaiblissement du plant de kiwi menant à sa mort à plus ou moins long terme. La maladie entraine aussi des pertes de récolte significatives.

Généralités et modes de contamination

Présent dès 1992 au Nord de l’Italie, le PSA n’est identifié en France que depuis juillet 2010. Cette même année, il sera officiellement détecté au Portugal et en Nouvelle-Zélande.

Il s’agit d’un organisme qui n’est ni de quarantaine, ni de lutte obligatoire. Il est en revanche considéré comme un danger sanitaire de catégorie 2. Il est inscrit sur la liste d’alerte OEPP (11/2009) suite à des dégâts observés en Italie.

La bactériose du kiwi serait propagée par le vent et la pluie, ainsi que par les équipements utilisés pour la taille. Les fleurs, les blessures de taille et celles laissées par la chute des feuilles sont des portes d’entrée possibles de la bactérie. En conséquence, la période d’infection atteint son apogée à la fin de l’automne ou au début du printemps et le phénomène est probablement accentué par la pratique de la taille d’hiver.
La bactérie se multiplie et se répand dans la plante à partir du point d’infection. La bactérie atteindrait autant les pieds mâles que les pieds femelles.

Cette bactérie ne présente aucun danger pour les hommes et les animaux.

Symptômes

Sur Fleur

Les anthères prennent une couleur foncée et se nécrosent (peut atteindre l’ensemble de la fleur). Attention, ces symptômes ne sont pas spécifiques et sont difficiles à détecter.

Sur feuille

Présence de taches nécrotiques de forme variable, entourées d’un halo jaune.

Sur bois

Présence de chancre observable sur l’ensemble des bois (tronc, branches), avec écoulement d’un exsudat gommeux dont la couleur varie du blanchâtre au brunâtre. Les tissus situés sous l’écorce peuvent également présenter un changement de couleur brunâtre.

Moyens de lutte

A l’heure actuelle, aucun produit phytosanitaire n’est disponible pour les traitements curatifs de cette maladie.
Une surveillance régulière des vergers est indispensable pour détecter le plus rapidement possible les premiers symptômes de la maladie. Il est possible de réaliser des traitements préventifs à base de cuivre durant l’automne et la période hivernale, ainsi qu’après la taille des vergers (Liste de préparations phytopharmaceutiques utilisables en traitement préventif – E-phy).

En cas de symptômes douteux, prévenir les techniciens de votre organisation professionnelle, le Service Régional de l’Alimentation de la Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF/SRAL) de vôtre région, ou la Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles (FREDON) en vue de prélèvements.

Afin d’éviter au maximum la propagation de la bactérie, il est indispensable de prendre des précautions lors de l’entretien du verger : limiter la taille et les éclaircissements qui sont autant de portes d’entrée pour la bactéries, et bien désinfecter les outils avec une solution à base d’alcool à 70%. Si du matériel infecté est détecté, il doit être coupé bien en dessous de la zone visuellement atteinte, sorti du verger et brûlé afin de limiter la propagation de la maladie.

Si un arbre est trop contaminé, il convient de l’arracher et de le détruire.

Réglementation

Il s’agit d’un organisme qui n’est ni de quarantaine, ni de lutte obligatoire. Il est en revanche considéré comme un danger sanitaire de seconde catégorie selon l’Arrêté du 15 décembre 2014, et sa détection doit faire l’objet d’une déclaration auprès du préfet de région. Il à été inscrit sur la liste d’alerte OEPP (11/2009) suite à des dégâts observés en Italie, puis sur la liste OEPP A2 des organismes nuisibles suggérés en tant qu’organismes de quarantaine depuis 2012.