Le Cynips du châtaignier

Le Cynips du châtaignier

Nom vernaculaire : Le Cynips du châtaignier

Agent pathogène : Dryocosmus kuriphilus (Yasumatsu, 1951) ; Hyménoptère de la famille des Cynipidae

Plante hôte : Parasite du Châtaignier (Castanea sp.)

Origine : Originaire de Chine, il a été introduit au Japon, en Corée, dans le Sud-Est des États-Unis, puis en Italie en 2002

Impacts : Formation de galles au printemps. Diminution de la croissance des rameaux, baisse de la fructification.

Le Cynips du Châtaigner est un insecte hyménoptère de petite taille (<3mm) de la famille des Cynipidae appartenant au genre Dryocosmus. Originaire de Chine, il est aujourd’hui largement présent sur le territoire français.

Les larves de ce ravageur ont pour particularité de provoquer des galles sur les plantes infestées. L’insecte adulte pond dans les bourgeons pendant la phase de végétation, puis les larves hivernent dans les bourgeons dormants sans que l’on ne détecte de symptômes. Au printemps, les larves reprennent leur développement et provoquent la formation de galles. Au début de l’été, les larves ayant atteint le stade adulte quittent les galles pour recommencer un nouveau cycle de ponte.

L’insecte ressemble à une petite guêpe de quelques millimètres de long, au corps noir, brillant. Son identification peut parfois être délicate car il peut être confondu avec d’autres hyménoptères. Il convient de bien observer les mandibules, la base des antennes et des pattes, qui sont de couleur brune à brun-jaunâtre.

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Châtaignier contaminé

Répartition du ravageur

Le Cynips du châtaigner a un pouvoir de dispersion aérien fort. Il a été rapporté que les adultes de Dryocosmus kuriphilus peuvent parcourir jusqu’à 25 km pour établir un nouveau site de ponte, ce qui rend le pouvoir de dispersion de ce ravageur élevé. Il  est émergent sur le territoire français depuis sa détection dans les Alpes maritimes en 2007, puis en Ardèche (principal bassin de production français) en 2010. On suppose que cet insecte est arrivé sur le territoire par l’importation de matériel contaminé, notamment d’Italie où sa présence dans le bassin de production de Coni a été rapportée dès 2002. En Languedoc-Roussillon, les foyers sont nombreux dans les 5 départements.

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Foyers de cynips du châtaignier en France (2007 à 2013) © Inra
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Cynips et Torymus en Languedoc-Roussillon

Les Symptômes

Le Cynips du Châtaigner est considéré comme le ravageur les plus important pour cette culture. Les larves de Dyocosmus kuriphilus provoquent des galles sur les rameaux parasités par la sécrétion de toxines. On observe alors au printemps des galles oviformes, d’une taille pouvant atteindre les 25mm, de couleur verte teintée de rose sur les jeunes pousses, les petioles ou encore sur les limbes au niveau de la nervure centrale. Des déformations foliaires marquées apparaissent, et on note une perte de vigueur importante de l’arbre avec une développement fortement limité des jeunes rameaux (pousses très courtes, faible émission foliaire). Ce parasite entraine une diminution de la fructification importante selon le stade d’infestation de l’arbre, et peut conduire à des baisses de rendement de l’ordre de 60 à 80%, et même causer le dépérissement puis la mort des arbres parasités.

Que faire si j’observe des symptômes de la présence de ce ravageur ?

Dans tous les cas, en cas d’observation de symptômes de la présence de ce ravageur, il faut marquer les arbres et les signaler rapidement aux services compétents : au Service Régional de l’Alimentation (SRAL) ou aux Fédérations de Lutte contre les Organismes Nuisibles (FREDON et FDGDON). Ces organismes sont chargés de de la surveillance (confirmation de la présence de la maladie) et ils coordonnent la lutte contre ce ravageur.

Les moyens de lutte

La lutte chimique est réputée coûteuse et inefficace pour lutter contre ce ravageur. La lutte mécanique consiste à enlever les rameaux atteints par l’insecte, mais ne peut concerner que de très petits foyers pour être réellement efficace. Des recherches sont également en cours pour identifier des variétés résistantes ou tolérantes au Cynips du châtaigner. A ce jour, les méthodes de lutte à privilégier en plantation déjà établie sont la prophylaxie et la lutte biologique.

  • Prophylaxie

Le meilleur moyen de lutter contre ce parasite est de prendre des mesures de lutte préventive, en particulier éviter les importations de plants contaminés (notamment de régions reconnues comme contaminées).

  • Lutte biologique

Il existe des méthodes de lutte biologique contre ce parasite, avérées efficaces dans une certaine mesure pour contrôler l’infestation. Il est possible de réaliser des lâchers de guêpes parasitoïdes de l’espèce asiatique Torymus sinensis, qui est un prédateur naturel spécifique de Dryocosmus kuriphilus. Cette guêpe asiatique dont l’usage en lutte biologique est autorisée en France permet de limiter le développement du Cynips du châtaigner en parasitant les œufs et les larves de cet insecte. Ainsi, elle permet de réguler les populations du ravageur de façon naturelle et efficace. Il faut compter entre 8 et 10 ans pour arriver à un contrôle optimal du cynips par Torymus sinensis, même si des résultats très satisfaisants peuvent être observés en 3-4 ans.  Plusieurs lâchers ont déjà été réalisés en Languedoc-Roussillon avec des résultats satisfaisants. si vous souhaitez en savoir plus sur la lutte biologique contre le Cynips du châtaigner et les modalités de lâcher, Contactez la FREDON-LR pour plus d’informations.

Réglementation

Le Cynips du châtaignier, Dryocosmus kuriphilus, est un ravageur classé en annexe A de l’arrêté du 31 juillet 2000. Il s’agit, au titre de l’arrêté du 15 décembre 2014, d’un danger sanitaire de deuxième catégorie ; sa détection doit faire l’objet d’une déclaration auprès des services de protection des végétaux (FREDON, DRAAF). Au niveau de la réglementation européenne, la décision d’exécution 2006/464/CE du 27 Juin 2006 relative aux mesures visant à éviter l’introduction de ce ravageur sur le territoire de l’union à été abrogée par la décision 2014/690/UE du 30 Septembre 2014.

Les mesures de lutte sur le territoire national sont précisées dans l’arrêté du 22 novembre 2010 modifié relatif à la lutte contre le cynips du châtaignier.

Mouvements de végétaux

L’article 4 précise que l’introduction du matériel végétal visé à l’article 1er depuis un pays tiers à la Communauté européenne n’est autorisée que s’il est accompagné du certificat phytosanitaire qui atteste que les végétaux ont été produits dans une zone ou un pays indemne de risques phytosanitaires.

Pour les mouvements de matériel végétal de Castanea spp. visé à l’article 1er au sein de la communauté européenne, il doit être accompagné d’un passeport phytosanitaire européen, conformément aux exigences de l’article 5.

Mesures à la plantation

Conformément à l’Article 6, toute nouvelle plantation de matériel végétal visé à l’article 1er, quelle que soit son origine, doit faire l’objet d’une déclaration de plantation par l’exploitant ou le gestionnaire auprès du service chargé de la protection des végétaux dans le département du lieu de plantation. Cette déclaration de plantation doit être effectuée sur la base du formulaire délivré par le service chargé de la protection des végétaux dans le département et doit, en particulier, mentionner la commune et les références cadastrales du lieu de plantation.

  • Dans le cas des plantations réalisées entre le 1er octobre et le 31 mars, la déclaration doit être envoyée au plus tard le 8 avril qui suit la plantation.
  • Dans le cas des plantations réalisées entre le 1er avril et le 30 septembre, la déclaration doit être envoyée dans les huit jours qui suivent la plantation.

Les producteurs ou revendeurs vendant du matériel végétal visé à l’article 1er à un utilisateur final, notamment une collectivité ou un particulier, ainsi que les paysagistes doivent remettre à leurs clients un formulaire de déclaration de plantation.
Enfin, les producteurs ou revendeurs vendant du matériel végétal visé à l’article 1er à un utilisateur final doivent établir et conserver pendant cinq ans des documents précisant les coordonnées de l’acheteur, la date de la transaction, le nombre de sujets ainsi que le numéro de série, de semaine ou de lot individuel du passeport phytosanitaire.

Mesures à prendre en cas de contamination

En cas de détection de symptômes ou de suspicion de la présence de ce ravageur, nous vous encourageons à contacter la mairie de votre commune ainsi que les services de protection des végétaux de votre région (FREDON-OC, DRAAF-SRAL Occitanie) qui confirmeront sa présence et coordonneront les mesures de lutte à mettre en place.