[CHARTE] – Retour sur les visites de confortement : Castelnaudary (11) et Saint-Jean (31), 2 communes pro-actives pour « Engagé pour le végétal » !

Après trois années d’efforts, d’expérimentations et de transition paysagère, les communes Castelnaudary (11) et Saint-Jean (31), engagées dans la charte régionale Engagé pour le végétal depuis 2023 au niveau 2, ont bénéficié d’une visite de confortement dite « visite des 3 ans » afin de faire à nouveau le point sur leurs pratiques de gestion. Cette visite permis de renforcer la dynamique d’actions de ces deux communes qui ont officiellement conforté leur adhésion au niveau 2 de la charte, avec un encouragement à poursuivre vers un niveau 3 désormais très proche.

Retour sur une journée de bilan riche en enseignements, où élu·es, agents techniques et expert·es du réseau JEVI ont mesuré le chemin accompli sur le terrain.

Castelnaudary : l’expérience historique face au défi climatique du Midi

Située dans le département de l’Aude, au cœur de l’Occitanie, la capitale mondiale du cassoulet s’étend sur plus de 47 km². Avec ses 12 000 habitants, cette ville moyenne possède une identité forte, déjà récompensée par le label « Villes et Villages Fleuris » (3 fleurs). Mais à Castelnaudary, le paysage est aussi un défi : soumise à un climat méditerranéen marqué par le vent et des étés de plus en plus chauds, la commune améliore sa gestion des espaces végétalisés pour faire face aux crises climatiques. Forte de plus de dix ans d’expérience en « zéro phyto », elle adapte aujourd’hui son urbanisme, transforme ses sols pour faire face à la sécheresse et redonne sa place au végétal là où dominait autrefois le bitume.

Saint-Jean : une ville périurbaine en plein essor

Située dans la proche banlieue toulousaine, en Haute-Garonne, la commune de Saint-Jean présente un profil différent. Plus dense et plus compacte avec près de 6 km² de superficie, elle compte pourtant près de 11 000 habitants. Pour cette commune en développement constant, l’enjeu est d’intégrer durablement la nature au cœur du tissu urbain. Cette ambition se traduit notamment par une gestion avancée du recyclage et du compostage local, permettant de valoriser directement les déchets verts dans les massifs et les parcs municipaux.

Une méthode commune : du dialogue institutionnel à la réalité du terrain

Pour ces deux communes, la visite de confortement a débuté par une table ronde réunissant élu·es, responsables et agents techniques des espaces verts, conseiller·es municipaux ainsi que Sophie Albespy, chargées de missions espaces végétalisés et animatrice du réseau JEVI (Jardins, Espaces Végétalisés et Infrastructures) secteur Ouest-Occitanie* chez FREDON Occitanie.

L’objectif était de dresser le bilan des actions engagées trois ans auparavant, d’évaluer les résultats obtenus et d’analyser l’évolution des pratiques. À l’issue de cette phase d’échanges, les participant·es ont réalisé un parcours de terrain afin de confronter les rapports aux réalités observées dans les parcs, les rues, les écoles et les cimetières des deux communes.

* Florian MARTEL est chargé de missions espaces végétalisés pour le secteur Est-Occitanie.

Castelnaudary et Saint-Jean : des trajectoires parallèles en route vers des gestions écologiques

Bien que situées dans des départements différents, Castelnaudary et Saint-Jean partagent une vision commune qui leur a permis de conforter leur niveau 2 et d’être encouragées à poursuivre vers le niveau 3.

Les visites de terrain ont mis en lumière des avancées remarquables sur plusieurs critères fondamentaux de la charte :

1. Zéro phyto ancré et abandon du plastique

L’arrêt des produits phytosanitaires est désormais une pratique totalement intégrée dans les deux communes. À Castelnaudary, cette démarche de gestion « zéro phyto » est même appliquée depuis plus de dix ans.

Abandon des bâches plastiques dans les plantations – Castelnaudary (11)

L’utilisation des bâches plastiques a été totalement abandonnée pour les nouvelles plantations. Les visites ont permis de constater plusieurs opérations de débâchage réussies, où le plastique a été remplacé par des plantes couvre-sols ou du paillage issu des élagages communaux.

2. Gestion de l’eau et perméabilité des sols : l’effet « éponge »

Face aux sécheresses estivales, les deux villes ont engagé d’importants travaux de désimperméabilisation. À Saint-Jean comme à Castelnaudary, les cours d’écoles, les parvis et plusieurs espaces publics ont vu le bitume reculer au profit de sols végétalisés, de dalles alvéolées ou de zones de pleine terre.

La gestion de l’eau est également optimisée grâce à l’utilisation de sondes tensiométriques, à la réduction de l’arrosage et au développement de projets de récupération des eaux de pluie ou de réhabilitation de puits communaux pour les jeunes plantations.

Bassin d’infiltration des eaux pluviales et désimperméabilisation et végétalisation de cour d’école – Castelnaudary (11)

3. Réduction des déchets verts et économie circulaire

L’un des points forts du bilan réside dans la mise en place d’une gestion intégrée des déchets verts. Grâce à la tonte différenciée et à la taille douce, les volumes de résidus sont réduits à la source avant d’être valorisés localement.

Saint-Jean se distingue notamment par la structuration d’une plateforme de compostage communale permettant de traiter les déchets verts et les terreaux de cimetières. Ce projet valorise environ 160 m³ de compost chaque année, générant d’importantes économies financières et une réduction significative de l’empreinte carbone de la collectivité.

Mise en place de poubelles de tri des déchets verts au cimetière – Saint-Jean (31)

4. Biodiversité et préservation du patrimoine arboré

Le retour de la nature en ville passe par une meilleure connaissance du territoire. La mise en œuvre d’Atlas de la Biodiversité Communale (ABC) permet d’adapter les interventions tout en respectant les cycles biologiques de la faune locale.

À Saint-Jean, cette démarche se traduit notamment par la conservation de souches et de troncs d’arbres morts au sein des espaces moins fréquentés par le public. Ces éléments constituent de précieux refuges pour les insectes, les oiseaux et les petits mammifères.

À Castelnaudary, une attention particulière est portée à la préservation des arbres d’ombrage lors des nouvelles constructions.

Souches laissées sur place servant de refuge à la biodiversité – Saint-Jean (31)

L’humain au cœur de la charte : former et sensibiliser

La validation du niveau 2 repose avant tout sur l’engagement des équipes. Les agents techniques et les élu·es ont suivi depuis plusieurs années des formations approfondies sur les méthodes de gestion écologique des espaces publics. Cette dynamique est renforcée par les partenaires du réseau, notamment l’association Arbres et Paysages d’Autan qui accompagne la commune de Saint-Jean dans ses projets de plantation de haies champêtres.

Sur le terrain, la pédagogie remplace progressivement les interdictions. Des panneaux explicatifs permettent aux habitants de comprendre les choix de gestion différenciée, tandis que des actions de sensibilisation sont menées dans les écoles. Le dispositif du Permis de végétaliser connaît également un succès grandissant dans les deux communes.

Visites techniques de confortement – Saint-Jean (31)

Une transition payante et inspirante

Castelnaudary et Saint-Jean démontrent qu’une gestion écologique des espaces publics est non seulement possible, mais également bénéfique à de nombreux niveaux : amélioration du cadre de vie, préservation de la biodiversité, création d’îlots de fraîcheur et meilleure résilience face au changement climatique.

FREDON Occitanie et le réseau JEVI saluent le travail accompli par les services techniques et les municipalités de ces deux communes.

 

 

Découvrez ci-dessous d’autres photos lors des visites de confortement à Saint-Jean et Castelnaudary :

 

Crédit : Namann Camara – FREDON Occitanie