[CHENILLES PROCESSIONNAIRES] Une rencontre avec les élus de Saint-Pierre-des-Tripiers (48).

La commune de Saint-Pierre-des-Tripiers, située sur la corniche du Causse Méjean et surplombant les Gorges du Tarn et de la Jonte est couverte de nombreux pins sylvestres et pins noirs, poussant sur un sol dolomitique chaud, dans un micro-climat relativement clément = quatre ingrédients combinés qui malheureusement conviennent parfaitement aux chenilles processionnaires.

En 2019, la commune a dû faire face à une invasion spectaculaire de chenilles processionnaires, qui entraient jusque dans les maisons. Afin d’éviter au maximum le contact avec les soies urticantes des chenilles, les habitants avaient dû adapter leurs activités ce printemps-là (travaux extérieurs, séchage du linge, sorties, protection des animaux domestiques, etc), engendrant de grandes difficultés.

La commune a réagi en finançant des mesures pour sensibiliser les habitants et en gérant sur le long terme : pose de nichoirs à mésanges et huppes fasciées ; coupe des pins sur les terrains communaux et plantation d’essences feuillues, achat de plants feuillus offerts à chaque habitant, etc.

Pour continuer dans ce sens, les élus soulignent qu’il faudrait trouver des aides financières pour continuer à mettre des nichoirs, pour sensibiliser et informer les vacanciersrenvoyer vers d’autres sentiers de substitution à la saison critique de migration des chenilles, et surtout pour la conversion des peuplements forestiers proches des hameaux avec des plantations feuillues ambitieuses, tout en prenant des précautions lors des défrichements. Ils ont noté en effet que l’ouverture brutale des milieux, même lorsqu’ils sont pâturés, engendre une recolonisation rapide et dense par de jeunes pins ! De plus, il est constaté que les peuplements fortement éclaircis de pins, devenus bien éclairés et ensoleillés, attirent à eux-seuls plus de papillons de processionnaires qu’un massif forestier compact.

Ce retour d’expérience montre, selon les élus, qu’il faudrait réfléchir à l’échelle de tout le territoire à des solutions plus durables – seules ou en combinaison –, comme :

  • la progressivité des coupes pour, selon les cas, favoriser les herbacées ou
  • planter de jeunes arbres feuillus, sous le couvert des plus grands, donc à l’ombre,
  • mais aussi ne pas s’exposer à une explosion de la régénération de pins
  • en évitant des lisières claires et attractives pour ces papillons,
  • en constituant des cordons de feuillus protecteurs des populations autour des hameaux, contre la chenille, pour la « climatisation » et contre le risque incendie.

Mais le principal obstacle reste leur financement, trop lourd pour les seules petites communes au budget réduit.