[OPHRAELLA] Bilan des lâchers expérimentaux 2025 en Occitanie

Ophraella communa est observée en France depuis 2023. Une étude de cet insecte par l’INRAE était alors en cours et a abouti à une autorisation d’un programme de lâchers en 2025. 

En 2025, de nombreux articles de cette lettre vous ont permis de suivre les travaux de Romain Scherpereel lors de son stage de fin d’études de l’école d’ingénieurs de Toulouse-Purpan sur le suivi de lâchers d’Ophraellas en Occitanie, stage encadré par l’ACTA, l’INRAE et accueilli par FREDON Occitanie.

Observations sur les sites de lâchers en Occitanie.

Vous pouvez retrouver l’ensemble de la présentation du contexte, de la méthodologie, la mise en place des essais, de leur suivi à leur analyse dans ce document en ligne.

En Occitanie, en septembre O. communa (sous tous ses stades – œufs, larves, adultes) était retrouvable sur 75% des 16 sites de lâchers. Sur les sites où elle n’a pas été retrouvée, il est trop tôt pour conclure à une disparition – elles peuvent être présentes à un seuil trop faible pour être détectées, ou bien les premiers adultes peuvent s’être dispersés au-delà du rayon échantillonné.

Les premiers résultats montrent que la bonne acclimatation des O. communa sur les sites dépendait principalement de l’humidité dans l’air. Plus l’humidité était importante, plus il était probable de retrouver des O. communa au cours de la saison. Ces résultats concordent avec les recommandations d’élevage en laboratoire ainsi qu’avec des modélisations du climat favorable à son installation (Zhou et al. 2010 ; Kim et Lee, 2019 ; Augustinus et al., 2020).

Ce paramètre nous rend optimiste quant aux prochaines années d’expérimentation car 2025 était une année très sèche sur la période de lâcher et d’observation, donc apparemment peu favorable à l’installation d’O. communa.

Vue d’ensemble des insectes comptés sur les sites d’Occitanie sur l’ensemble de la saison 2025

Enfin l’efficacité de O. communa dépend de sa densité. À chaque passage, lorsque des insectes étaient repérés, des oeufs étaient systématiquement retrouvés ce qui nous donne la certitude que plusieurs générations ont vu le jour sur les sites de lâchers. Les tests mis en place sur le terrain fin 2025 pour quantifier précisément le taux de survie des adultes en hivernation permettront d’en apprendre plus sur leur acclimatation à long terme.

Suivi à plus grande échelle avec signalement ambroisie.

Sur les parcelles de lâchers de 2025, deux suivis vont être mis en place en 2026, un en mai et un en septembre. Le but est de vérifier si O. communa s’est acclimatée et d’en mesurer ses densités au plus fort de la saison. De plus, des secteurs plus grands vont être prospectés pour obtenir un aperçu d’ensemble de la dispersion post-lâchers d’O. communa. Ce suivi sera conduit sur des foyers connus d’ambroisie, dans un rayon d’une dizaine de kilomètres par rapport aux lâchers de 2025.

De nouveaux lâchers vont également être réalisés dans des zones encore exemptes d’O. communa. Des sites plus au nord ou en altitude sont ciblés afin d’étudier leur dispersion dans des zones considérées comme moins favorables à leur établissement selon les modélisations actuelles (Augustinus et al., 2018). Ces lâchers vont être réalisés en parallèle d’une étude approfondie de la résistance au froid d’O. communa.

Signaler des Ophraella communa :

Lorsque vous trouvez des ambroisies, il est important de les signaler sur la plateforme « signalement ambroisie », données ensuite vérifiées par les référents ambroisie de chaque commune. Sur cette plateforme, il est également possible de signaler la présence d’O. communa. Ces données sont précieuses et nous avons besoin de votre participation.

Pour favoriser l’étude par l’INRAE des lâchers d’Ophraellas de 2025 et ne pas entrainer une surévaluation de ses capacités pour une potentielle utilisation future, il est important de ne pas les disperser volontairement.

Retrouvez la présentation complète dans ce document en ligne.