S-metolachore : Syngenta tire la sonnette d’alarme
S-metolachore : Syngenta tire la sonnette d’alarme

S-metolachore : Syngenta tire la sonnette d’alarme

Le S-metolachlore est venu remplacer le metolachlore suite à l’interdiction de cette substance active en France en 2003. En 2015, le S-metolachlore a été quantifié (mesuré) dans 35% des mesures réalisées dans les eaux superficielles*. En octobre 2019, Syngenta alerte sur l’importance de limiter son usage sur les zones vulnérables aux pollutions.

La démarche est une première en France et, on en convient, remarquable. Mais c’est aussi la preuve que la démarche de substitution des matières actives n’est pas une réponse durable à la problématique de la pollution des milieux aquatiques par les pesticides. Plus d’explications dans cet article.

Suite aux triazines et au glyphosate … place au métolachlore

En France, le S-metolachlore est autorisé pour désherber les grandes cultures comme le maïs, le tournesol, le soja, les betteraves, le sorgho, les millets, moha, et haricots. En Occitanie, il est principalement utilisé sur maïs.

Ce désherbant appartient à la famille des chloroacétamides, qui comprend d’autres molécules herbicides (Alachlore, Métazachlore, Acétochlore, Flufenacet). Avec leurs 2 principaux dérivés, le metolachlore ESA et le metolachlore OXA, le metolachlore et désormais le S-metolachlore sont fortement détectés dans les eaux de surface mais aussi dans les eaux souterraines.

En matière de risque, le S-metolachlore est classé comme un cancérogène possible chez l’humain, sachant que l’Institut Géologique des États-Unis classait déjà le metolachlore comme perturbateur endocrinien avant son interdiction. De plus, le S-metolachlore est modérément persistant (demi-vie plutôt longue) et modérément mobile dans les sols. Résultat ? Il contamine aisément les eaux souterraines, principales sources d’alimentation en eau potable en région Occitanie.

Des effets néfastes sur les eaux souterraines et superficielles

Pour l’année 2018, coté Est de la région Occitanie (bassin Rhône-Mediterranée), cette substance active et ses dérivés sont classés dans le top 10 des molécules les plus fortement concentrées (donc polluantes) pour 6 des 50 captages prioritaires disposant d’un suivi régulier. Elle a même été la cause de dépassements des seuils de qualité pour 2 d’entre eux.

Coté Ouest (bassin Adour-Garonne) la situation est plus alarmante. Ces molécules ont été les principales responsables des dépassement des seuils de qualité pour tous les captages prioritaires d’eau potable (au nombre de 25), qu’ils puisent en eau souterraine ou superficielle. Et ce, de façon constante entre 2012 et 2019.

Un changement de cap ?

Face aux faits, Syngenta prend des mesures préventives en 2019. Une vidéo explicative ainsi qu’une fiche dédiée demandent expressément aux utilisateurs de ne pas employer le S-metolachlore sur les aires d’alimentation de captage et les zones sensibles (abords des cours d’eau, fossés…).

En attendant que cette démarche préventive soit plus largement réalisée pour l’ensemble de molécules encore autorisées en France et fréquemment retrouvées dans les ressources en eau potable [à savoir glyphosate (H), terbuthylazine (H), diméthomorphe (F), métalaxyl (F), boscalid (F), flonicamid (I), entre autres ** ] nombreux sont les agriculteurs qui n’ont pas attendu la sonnette d’alarme pour adopter des techniques de protection des cultures alternatives aux traitements chimiques.

Pour visualiser la vidéo, c’est par ici : https://www.syngenta.fr/agriculture-durable/proteger-l-eau-et-l-air/article-herbicide/video-recommandations-herbicides-s-metolachlore

(*) : source RAPPORT IGAS N°2017-124R / CGEDD N°011624-01 / CGAAER N°17096

(**) I = Insecticide, F = Fongicide, H = Herbicide

Crédit photo : Usager Flickr John ONolan