Une approche innovante pour construire les nouveaux plans d’actions pour la protection des ressources en eau potable
Une approche innovante pour construire les nouveaux plans d’actions pour la protection des ressources en eau potable

Une approche innovante pour construire les nouveaux plans d’actions pour la protection des ressources en eau potable

Une approche innovante pour construire les nouveaux plans d’actions pour la protection des ressources en eau potable

Jordi Recordà Cos, animateur « captages prioritaires » de la Communauté de communes Sud Hérault, nous parle d’une initiative innovante pour renouveler les programmes d’actions des captages de La Manière et Fichoux.

Dans un contexte de renouvellement des premiers plans d’actions des captages prioritaires pour la reconquête de la qualité de l’eau potable (validés en 2012), la question de la méthodologie à utiliser fait débat. Conscients du fait que l’approche utilisée conditionne les solutions trouvées, il nous parait nécessaire d’en étudier d’autres et de faire ainsi évoluer les résultats.

Dans cet article, nous proposons une approche plus sociale. Concrètement, nous utilisons un outil de participation pionnier en France, complémentaire à l’action classique et qui met en valeur l’importance du facteur humain.

Un autre regard est nécessaire

Conscients de la nécessité de dépasser la dépendance des dispositifs financiers et des limites des actions classiques (formations, sensibilisation…), nous avons cherché des nouvelles solutions en invitant d’autres acteurs du territoire à s’exprimer: des femmes en lien avec la viticulture ou la thématique eau, et d’autres femmes qui habitent dans le territoire de l’aire d’alimentation du captage de La Manière et Fichoux (commune de Puisserguier, département de l’Hérault (34)).

Un outil de participation innovant

Ensuite, nous avons concrétisé l’intention de notre démarche, c’est à dire créer du lien entre les acteurs et faciliter ainsi la responsabilisation et l’implication de ceux-ci dans la démarche. Avec quel outil? Celui qui nous a semblé le plus adapté pour atteindre cet objectif : le cercle de parole, une pratique dite « restaurative ». La méthodologie est simple et facilement reproductible et, en même temps, il y a des lignes rouges à respecter comme en témoigne une des participantes: « J’ai découvert l’importance de s’écouter vraiment, de laisser à chacune dire ce qu’elle avait à dire ».

Des résultats surprenants

Les participantes ont débattu sur la question « Comment contribuer à améliorer la qualité de l’eau sur le territoire ? » et se sont accordées, à la fin, sur un plan d’actions partagé : 27 actions touchant à 15 thématiques différentes ! « Ce cercle m’a donné l’opportunité de parler plus, d’expliquer plus de choses […] et d’arriver à trouver de nouvelles idées que je n’avais pas dites avant », commente une des participantes. Par exemple, en dehors des actions plus classiques, elles ont proposé de soutenir les animateurs afin en mettant en place des actions par elles-mêmes afin de se co-responsabiliser, sans attendre l’action de l’administration, comme réduire l’usage de produits ménagers toxiques à la maison. 

Semer des graines d’avenir

De plus, cela a été une opportunité pour atténuer des propos culpabilisants: « Il a été important, pour moi, d’expliquer aux autres femmes que la pollution de l’eau  ne vient pas que de l’agriculture et que chacune peut faire sa part », explique une participante. Et d’ouvrir des portes pour renforcer des liens : « Je me suis aperçue que, même si on a des pratiques culturelles différentes, nous avons des avis communs sur d’autres sujets ».

Pour plus de renseignements : Jordi Recordà Cos, auteur du texte et animateur des captages prioritaires de La Manière et Fichoux (jordirecordacos@gmail.com), Association Service de Pratiques Restauratives (practiques.restauratives@gmail.com)

Crédit photo : Jordi Recordà Cos