{"id":7848,"date":"2020-07-15T15:51:33","date_gmt":"2020-07-15T13:51:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.fredonoccitanie.com\/captageslr\/?p=7848"},"modified":"2021-10-05T10:38:00","modified_gmt":"2021-10-05T08:38:00","slug":"solutions-agro-ecologiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.fredonoccitanie.com\/captages\/2020\/07\/15\/solutions-agro-ecologiques\/","title":{"rendered":"Solutions agro\u00e9cologiques : quand la biodiversit\u00e9 se met au service des activit\u00e9s agricoles"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\">En agriculture, les services \u00e9cosyst\u00e9miques rendus par la nature sont en vogue ! S\u2019ils ne sont pas nouveaux, leur mobilisation n\u2019est pas encore une pr\u00e9occupation premi\u00e8re dans les choix de gestion d&rsquo;une exploitation. Pourtant, favoriser le d\u00e9ploiement d&rsquo;une biodiversit\u00e9 utile peut se r\u00e9v\u00e9ler particuli\u00e8rement efficace pour r\u00e9duire les intrants chimiques. Tour d\u2019horizon pratique avec Rodolphe Majurel\u2026<\/h4>\n\n\n\n<p>Les auxiliaires de culture sont de pr\u00e9cieux alli\u00e9s pour accompagner les agriculteurs dans la r\u00e9duction des intrants de synth\u00e8se, tout en assurant la protection et la p\u00e9rennit\u00e9 des cultures. Mobiliser les solutions qui visent \u00e0 favoriser leur pr\u00e9sence, en d\u00e9ployant un h\u00e9bergement et une nourriture de qualit\u00e9 via la mise en place d&rsquo;infrastructures agro\u00e9cologiques (IAE), permet de concilier probl\u00e9matiques agronomiques, sanitaires et environnementales.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il s\u2019agit-l\u00e0 de pratiques et d&rsquo;un savoir-faire souvent nouveaux pour les agriculteurs, d\u00e9sireux d&rsquo;int\u00e9grer davantage de solutions agro\u00e9cologiques \u00e0 leurs modes de gestion. Et les questions sont nombreuses\u00a0: <strong>Qui sont les auxiliaires de cultures\u00a0? Quels services rendent-il \u00e0 l\u2019exploitation agricole\u00a0? Comment favoriser leur pr\u00e9sence sur mes parcelles ? Quels modes de gestion adopter pour des pratiques efficaces, mais aussi conciliables avec mes contraintes agricoles\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Rodolphe Majurel, \u00e9cologue et fondateur de Bativersit\u00e9, nous \u00e9claire sur le sujet dans l\u2019article ci-dessous : <strong><span style=\"color:#1a6184\" class=\"has-inline-color\">\u00ab\u00a0La biodiversit\u00e9 au service des exploitations agricoles\u00a0\u00bb<\/span><\/strong>. Le pari : mieux comprendre le r\u00f4le et le fonctionnement des auxiliaires de culture est une des cl\u00e9s&nbsp;pour accompagner efficacement les agriculteurs vers le changement de pratique.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"color:#ffffff\" class=\"has-text-color\">d<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong><span style=\"color:#5b7a17\" class=\"has-inline-color\">La biodiversit\u00e9 au service des exploitations agricoles<\/span><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p style=\"color:#ffffff\" class=\"has-text-color\">d<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Pour qui&nbsp;?<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Les conseillers agroenvironnementaux des agricultrices et agriculteurs<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Pourquoi&nbsp;?<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Pour montrer que l&rsquo;on peut ais\u00e9ment favoriser le d\u00e9veloppement des auxiliaires agricoles en s&rsquo;attachant \u00e0 travailler sur les IAE \u00e0 la parcelle<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Pour quoi&nbsp;?<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Pour mettre en \u0153uvre une solution alternative aux intrants chimiques<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p style=\"color:#ffffff\" class=\"has-text-color\">d<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi l\u2019ensemble des secteurs d\u2019activit\u00e9, l\u2019agriculture entretient des relations \u00e9troites avec la biodiversit\u00e9, dont elle peut b\u00e9n\u00e9ficier, qu\u2019elle peut modifier, et qu\u2019elle peut contribuer \u00e0 maintenir. L&rsquo;activit\u00e9 agricole implique g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019orienter et contr\u00f4ler les parcelles qu&rsquo;elle exploite.&nbsp;&nbsp; L\u2019agriculture est susceptible d\u2019avoir des effets b\u00e9n\u00e9fiques sur la biodiversit\u00e9 \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9chelles et diff\u00e9rents niveaux d\u2019organisation. Les b\u00e9n\u00e9fices pour l&rsquo;agriculture du maintien de la biodiversit\u00e9 peuvent \u00eatre nombreux, pour la production agricole au sens large, via les \u00ab\u00a0services \u00e9cosyst\u00e9miques\u00a0\u00bb rendus au sein des espaces agricoles. Dans le contexte actuel de recherche de solutions alternatives aux produits phytosanitaires et de d\u00e9veloppement de l\u2019agriculture biologique, une meilleure connaissance des auxiliaires des cultures et des services qu\u2019ils rendent est indispensable.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Mais la biodiversit\u00e9, c&rsquo;est quoi&nbsp;?<\/h4>\n\n\n\n<p>La biodiversit\u00e9 est l\u2019ensemble de la diversit\u00e9 du vivant sur la Terre, dont l\u2019esp\u00e8ce humaine fait partie int\u00e9grante, qui est apparue sur Terre il y 3,9 milliards d\u2019ann\u00e9es, dans les oc\u00e9ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon la d\u00e9finition de la convention sur la diversit\u00e9 biologique (1992), elle correspond \u00e0 une diversit\u00e9 biologique par la \u00ab&nbsp;variabilit\u00e9 des organismes de toute origine y compris, entre autres les \u00e9cosyst\u00e8mes et les complexes \u00e9cologiques dont ils font partie. Cela comprend la diversit\u00e9 au sein des esp\u00e8ces et entre esp\u00e8ces ainsi que celle des \u00e9cosyst\u00e8mes&nbsp;\u00bb. La Biodiversit\u00e9, c\u2019est aujourd\u2019hui plus de 2 millions d\u2019esp\u00e8ces identifi\u00e9es dans le monde et on en trouve de nouvelles tous les jours, m\u00eame en France. Une 35\u00e8me esp\u00e8ces de chauves-souris (<em>Myotis Crypticus<\/em>) pr\u00e9sente sur le pourtours M\u00e9diterran\u00e9en, vient d&rsquo;\u00eatre d\u00e9crite en juin 2019 .&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Selon cette d\u00e9finition, il existe donc deux diff\u00e9rents types de biodiversit\u00e9 en agriculture, la biodiversit\u00e9 planifi\u00e9e et associ\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>La <strong>biodiversit\u00e9 planifi\u00e9e<\/strong> qui r\u00e9sulte des choix de l&rsquo;agriculteur que ce soit sur le type d&rsquo;exploitation&nbsp;: cultures, \u00e9levage, c\u00e9r\u00e9ales, viticultures, arboricultures, mara\u00eechages, etc&#8230; et sur la diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique des plants, animaux etc&#8230; Pour la viticulture, le choix peut porter sur le c\u00e9page mais \u00e9galement sur le porte greffe en fonction du sol et de sa r\u00e9sistance. Il existe donc entre deux vignes sur un territoire identique une diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique importante. Au 19\u00e8me si\u00e8cle, certains viticulteurs&nbsp; m\u00e9langeaient les c\u00e9pages sur la m\u00eame parcelle pour \u00eatre s\u00fbrs d&rsquo;avoir une production de raisins.<\/p>\n\n\n\n<p>Le deuxi\u00e8me type de biodiversit\u00e9 en agriculture est la <strong>biodiversit\u00e9 associ\u00e9e<\/strong> qui peut se classer en trois groupes.<\/p>\n\n\n\n<p>La biodiversit\u00e9 <strong>associ\u00e9e \u00e0 effet neutre<\/strong>. Ce sont les organismes vivants qui n&rsquo;ont pas d&rsquo;effet sur le choix du type de culture. La couleuvre vip\u00e9rine n&rsquo;est pas un auxiliaire en viticulture et n&rsquo;est pas un ravageur, elle a donc un effet neutre.<\/p>\n\n\n\n<p>La biodiversit\u00e9 <strong>associ\u00e9e \u00e0 effet n\u00e9gatif<\/strong>. Ce sont les organismes vivants que l&rsquo;on nomme ravageurs pour la faune (vert\u00e9br\u00e9 ou invert\u00e9br\u00e9), la flore et les champignons. C&rsquo;est une biodiversit\u00e9 qui n&rsquo;est pas souhait\u00e9e par les exploitants agricoles car elle entra\u00eene une perte de productivit\u00e9 et\/ou de qualit\u00e9. L&rsquo;Eud\u00e9mis est un papillon qui pond ces \u0153ufs sur les grappes de raisins et entra\u00eene une perte de productivit\u00e9 et de qualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La biodiversit\u00e9 <strong>associ\u00e9e fonctionnelle<\/strong>. Cette biodiversit\u00e9 rend des services \u00e9cosyst\u00e9miques, ce sont les avantages que retire l&rsquo;Homme de la biodiversit\u00e9 et des \u00e9cosyst\u00e8mes (pollinisation, cadre de vie, etc&#8230;) C&rsquo;est dans cette biodiversit\u00e9 associ\u00e9e fonctionnelle que sont tous les auxiliaires agricoles. Ce terme qualifie les \u00eatres vivants ayant un r\u00f4le b\u00e9n\u00e9fique sur une culture.<\/p>\n\n\n\n<p>En France, selon V\u00e9ronique Sarthou de Syrphys, 67 000 esp\u00e8ces animales sont consid\u00e9r\u00e9es comme des ravageurs des cultures et 200 000 comme auxiliaires agricoles. Bien \u00e9videmment une esp\u00e8ce peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme nuisible sur une culture ou un \u00e9levage et pas sur une autre&#8230; On peut diff\u00e9rencier 2 types d\u2019auxiliaires :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Les pr\u00e9dateurs : les larves et les adultes mangent leurs proies.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Les parasito\u00efdes : les larves se d\u00e9veloppent sur ou dans un autre organisme (l\u2019h\u00f4te) et leur d\u00e9veloppement conduit \u00e0 la mort de l\u2019h\u00f4te.<\/p>\n\n\n\n<p>Les auxiliaires appartiennent \u00e0 des groupes tr\u00e8s vari\u00e9s et interviennent \u00e0 diff\u00e9rents stades de d\u00e9veloppement&nbsp; des ravageurs (\u0153ufs, larves, nymphes, adultes). Ils peuvent r\u00e9guler une population de ravageurs, voire la d\u00e9cimer enti\u00e8rement. Certains sont pr\u00e9sents naturellement dans les parcelles, d\u2019autres sont introduits par l\u2019homme dans un souci de lutte biologique. Les esp\u00e8ces non consid\u00e9r\u00e9es comme auxiliaires ont \u00e9galement de nombreux r\u00f4les et sont souvent indispensables pour maintenir l&rsquo;\u00e9quilibre global des \u00e9cosyst\u00e8mes.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il est possible d\u2019am\u00e9liorer les habitats \u00e9cologiques abritant ces auxiliaires agricoles pour essayer de retrouver un \u00e9quilibre \u00e9cologique. Pour cela, il est plus pertinent et efficace d&rsquo;avoir une r\u00e9flexion g\u00e9n\u00e9rale et globale d&rsquo;un territoire plut\u00f4t que de favoriser un auxiliaire pour r\u00e9pondre \u00e0 une probl\u00e9matique. En viticulture, les chauves-souris et les chrysopes sont des auxiliaires des Eudemis, un en mangeant les papillons, l&rsquo;autre les \u0153ufs de ce ravageur. L&rsquo;id\u00e9al est donc de favoriser les deux.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, le bon fonctionnement des \u00e9cosyst\u00e8mes, qui se caract\u00e9rise par des \u00e9cosyst\u00e8mes sains, r\u00e9silients, fonctionnels et diversifi\u00e9s, contribue au d\u00e9veloppement durable des territoires et du bien-\u00eatre. L&rsquo;ensemble de ces \u00e9cosyst\u00e8mes autres que les zones cultiv\u00e9es est nomm\u00e9, en agriculture, <strong>Infrastructures Agro Ecologiques (IAE),<\/strong> ces derni\u00e8res d\u00e9veloppant principalement les services d&rsquo;approvisionnement et de r\u00e9gulation. C&rsquo;est en travaillant sur ces IAE, en favorisant des micro habitats, que l&rsquo;on peut jouer sur l&rsquo;accueil de ces pr\u00e9cieux auxiliaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils ont&nbsp; besoin d\u2019autres aliments que leurs proies pendant au moins une partie de leur cycle de d\u00e9veloppement, mais ils ont aussi besoin d\u2019abris, de sites de repos ou d\u2019hivernage. Am\u00e9nager et bien g\u00e9rer les IAE est essentiel pour permettre leur pr\u00e9sence, voir une augmentation du nombre et de la taille des populations, et ainsi favoriser leurs actions au sein des parcelles agricoles. Il existe diff\u00e9rents am\u00e9nagements possibles \u00e0 r\u00e9aliser en bordure ou \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des parcelles. 90% des auxiliaires invert\u00e9br\u00e9s (insectes, araign\u00e9es, acariens, etc.) ont besoin de micro habitats pour effectuer leur cycle de vie. Ces micro-habitats peuvent \u00eatre dans des haies, lisi\u00e8res, bandes enherb\u00e9es, talus, foss\u00e9s, ripisylves, \u2026 qui leur servent une ou plusieurs fois par an \u00e0 hiverner, estiver, se r\u00e9fugier, se nourrir, se reproduire et pondre. Il est possible \u00e9galement de faire des g\u00eetes artificiels pour les favoriser. Des g\u00eetes en bois peuvent permettre aux chrysopes de passer l&rsquo;hiver proche des cultures en toute s\u00e9curit\u00e9, ce qui leur permettra de venir sur les parcelles agricoles au mois de mars pour r\u00e9guler les pucerons, les vers de la grappes, etc. La pr\u00e9sence de ces IAE est indispensable mais il faut \u00e9galement adapt\u00e9 une gestion ad\u00e9quate pour permettre l&rsquo;ensemble de leur cycle, en pr\u00e9conisant par exemple une fauche tardive avec exportation pour les bandes enherb\u00e9es. Ceci emp\u00eache un enrichissement du sol, ralentit la pr\u00e9sence des gramin\u00e9es et favorise une strate fleurie qui est souvent indispensable au stade adulte des insectes.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les syst\u00e8mes agricoles actuels, la gestion des populations de bioagresseurs est fortement d\u00e9pendante des produits phytosanitaires de synth\u00e8se. La protection sur vigne est particuli\u00e8rement intensive. Cette culture consomme \u00e0 elle seule 15 % de la quantit\u00e9 totale de produits phytosanitaires employ\u00e9s en France, alors qu&rsquo;elle recouvre moins de 4 % de la surface agricole utile du pays (<em>Butault et al. 2010)<\/em>. Face aux enjeux sanitaires &#8211; dont la protection des nappes phr\u00e9atiques &#8211; et environnementaux actuels, le renforcement des r\u00e9gulations biologiques dans les agrosyst\u00e8mes appara\u00eet comme une voie alternative pour r\u00e9duire la d\u00e9pendance aux produits phytosanitaires. En effet, la r\u00e9gulation des ravageurs des cultures par des auxiliaires spontan\u00e9s semble repr\u00e9senter un service important rendu par la biodiversit\u00e9 en contribuant significativement \u00e0 la production agricole (<em>Losey et Vaughan, 2006<\/em>). Il est aujourd&rsquo;hui d\u00e9montr\u00e9 que les communaut\u00e9s d&rsquo;auxiliaires et les services de r\u00e9gulation associ\u00e9s sont d\u00e9termin\u00e9s par des processus agissant \u00e0 des \u00e9chelles spatiales multiples allant de la plante au paysage, en passant par la parcelle cultiv\u00e9e <em>(Rusch et al, 2010 ; Tscharntke&nbsp; et al.)<\/em> Il est, par exemple, bien connu que le maintien d&rsquo;espaces non cultiv\u00e9s, tels que for\u00eats ou prairies extensives, permet d&rsquo;entretenir un pool d&rsquo;esp\u00e8ces d&rsquo;ennemis naturels, voire d&rsquo;augmenter les services de r\u00e9gulation naturelle rendus par certaines esp\u00e8ces\/communaut\u00e9s. le maintien d&rsquo;une plus grande h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 paysag\u00e8re peut ainsi permettre de r\u00e9duire les d\u00e9g\u00e2ts et le nombre de traitements phytosanitaires (<em>Karp et al.2013<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Le chiropt\u00e8re, un bon mod\u00e8le d&rsquo;auxiliaire agricole<\/h4>\n\n\n\n<p>Les services de r\u00e9gulation naturelle fournis par les chiropt\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9s&nbsp; sur des ravageurs comparables aux tordeuses de la vigne tels que les carpocapses et les pyrales du pommier (<em>Jay et al, 2012<\/em>), la pyrale du mais (<em>Lee et McCraken, 2005<\/em>), la pyrale du riz (<em>Puig-Montserrat et al, 2015<\/em>) ou encore la processionnaire du pin (<em>Charbonnier et al, 2014<\/em>).&nbsp; Les chauves-souris europ\u00e9ennes sont insectivores et chassent principalement des insectes (l\u00e9pidopt\u00e8res, dipt\u00e8res, col\u00e9opt\u00e8res) et des araign\u00e9es (Dietz <em>et al<\/em>., 2009). Selon les esp\u00e8ces, leurs proies peuvent \u00eatre de petite taille (chironomes, moustiques) ou nettement plus grandes comme les sauterelles ou les hannetons. Les chiropt\u00e8res privil\u00e9gient en g\u00e9n\u00e9ral un ou plusieurs types de proies mais savent \u00e9galement se montrer opportunistes et chassent parfois tout simplement les proies les plus abondantes et faciles \u00e0 capturer. Le r\u00e9gime alimentaire d\u2019un individu varie donc selon la saison et les territoires de chasse. En juin, les dipt\u00e8res et les trichopt\u00e8res paraissent plus abondants et sont donc davantage consomm\u00e9s, en juillet ce sont les l\u00e9pidopt\u00e8res et les col\u00e9opt\u00e8res et en ao\u00fbt s\u2019y ajoutent les araign\u00e9es (<em>Godineau et Pain, 2007<\/em>). Les chauves-souris poss\u00e8dent un m\u00e9tabolisme \u00e9lev\u00e9 notamment en raison de leurs pratiques de vol et de l\u2019utilisation de l\u2019\u00e9cholocation tr\u00e8s \u00e9nergivores. <strong>Elles doivent donc consommer de grandes quantit\u00e9s d\u2019insectes<\/strong> (<em>Ober, <\/em>2011). Une Pipistrelle commune peut capturer de 7 \u00e0 10 insectes\/min. Les esp\u00e8ces du genre <em>Myotis<\/em> consomment plus de 600 moustiques\/heure en laboratoire et la S\u00e9rotine de Nilsson capture plus de 1000 insectes\/heure dans la nature (<em>Jay,<\/em> 2000). Durant les mois d\u2019\u00e9t\u00e9, p\u00e9riode de lactation des femelles, les chauves-souris poss\u00e8dent des besoins importants et peuvent ing\u00e9rer plus de 2\/3 de leur poids chaque nuit (<em>Cleveland et al., 2006)<\/em>. Une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e entre 2007 et 2010 dans le delta de l\u2019Ebre en Espagne confirme le r\u00f4le b\u00e9n\u00e9fique des colonies de chauves-souris install\u00e9es au sein des zones cultiv\u00e9es. Les chercheurs ont montr\u00e9 qu\u2019apr\u00e8s <strong>implantation de g\u00eetes<\/strong> destin\u00e9s \u00e0 accueillir des pipistrelles pygm\u00e9es pr\u00e9sentes de fa\u00e7on massive sur la zone, les populations de la pyrale du riz&nbsp; ont diminu\u00e9 de mani\u00e8re \u00e0 minimiser et parfois m\u00eame \u00e9viter l\u2019utilisation de pesticides sur certaines rizi\u00e8res (<em>Flaquer, 2011<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>Le mode de chasse et le r\u00e9gime alimentaire des chiropt\u00e8res europ\u00e9ens permettent de montrer le lien entre les IAE et la consommation des ravageurs de la vigne. En effet, la majorit\u00e9 des esp\u00e8ces de ravageurs de la vigne sont des insectes (tordeuses de la vigne, cicadelles, drosophiles&#8230;), dont les adultes ont majoritairement une activit\u00e9 de vol nocturne.&nbsp; La fr\u00e9quentation de l&rsquo;espace viticole par les chiropt\u00e8res a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e \u00e0 maintes reprises au cours de diff\u00e9rentes \u00e9tudes (<em>Assandri, 2016<\/em> ; <em>Sentenac et Rusch, 2017<\/em>).&nbsp; Les pratiques dans une parcelle influent&nbsp; sur la diversit\u00e9 et l&rsquo;abondance des esp\u00e8ces mais la place de cette parcelle au sein du paysage est d\u00e9terminante (<em>Froidevaux et al., 2017<\/em>).&nbsp; En viticulture, un territoire tr\u00e8s homog\u00e8ne est beaucoup plus vuln\u00e9rable aux vers de la grappe que celui entrecoup\u00e9 <strong>de haies et autres milieux <\/strong>qui constituent&nbsp; potentiellement des r\u00e9servoirs de biodiversit\u00e9 riches en auxiliaires et permettent notamment le d\u00e9placement et le g\u00eete des chauves-souris.<\/p>\n\n\n\n<p>La biodiversit\u00e9 peut offrir des r\u00e9ponses aux questions de l&rsquo;agriculture, de sant\u00e9, par son r\u00f4le dans le fonctionnement des \u00e9cosyst\u00e8mes dont les activit\u00e9s agricoles d\u00e9pendent. Mais il n&rsquo;y a pas de distinction possible \u00e0 faire entre une biodiversit\u00e9 qui serait favorable et une qui serait toujours n\u00e9faste. Favoriser la biodiversit\u00e9 c&rsquo;est accepter qu&rsquo;il y ait plus de tout&nbsp;: des auxiliaires comme des ravageurs et qu&rsquo;aucun ne prenne le dessus sur l&rsquo;autre.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>De nombreux auxiliaires sont pr\u00e9sents dans notre environnement. Mieux les faire conna\u00eetre permet de prendre conscience du r\u00f4le qu\u2019ils jouent au sein des \u00e9cosyst\u00e8mes agricoles. Leur pr\u00e9sence est r\u00e9ellement un atout pour lutter contre les ravageurs des cultures. L&rsquo;id\u00e9al serait qu&rsquo;avant toute intervention chimique ou biologique, une observation des populations d\u2019auxiliaires pr\u00e9sents soit faite pour faire les meilleurs choix de gestion. Mais pour cela, un inventaire des IAE et des am\u00e9nagements de l\u2019environnement parcellaire doivent se mettre en place pour favoriser leur pr\u00e9sence : connexion des diff\u00e9rents habitats, maintien et\/ou <strong>cr\u00e9ation de refuges<\/strong> autour et dans l&rsquo;id\u00e9al, dans les \u00e9cosyst\u00e8mes agricoles.<\/p>\n\n\n\n<p>Source&nbsp;:&nbsp; \u00ab\u00a0<strong>La biodiversit\u00e9 au service des exploitations agricoles<\/strong>\u00ab\u00a0, Rodolphe MAJUREL, Bativersit\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>Cr\u00e9dit photo&nbsp;: \u00a9 FREDON Occitanie<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En agriculture, les services \u00e9cosyst\u00e9miques rendus par la nature sont en vogue ! S\u2019ils ne sont pas nouveaux, leur mobilisation n\u2019est pas encore une pr\u00e9occupation premi\u00e8re dans les choix de gestion d&rsquo;une exploitation. Pourtant, favoriser le d\u00e9ploiement d&rsquo;une biodiversit\u00e9 utile peut se r\u00e9v\u00e9ler particuli\u00e8rement efficace pour r\u00e9duire les intrants chimiques. 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