La Processionnaire du Pin

La Processionnaire du Pin

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Nom vernaculaire : Chenille Processionnaire du Pin

Ravageur : Thaumetopoea pityocampa, famille des lépidoptères

Plantes hôtes : Pinus sp., Cedrus sp.

Impacts : dépérissement et éventuellement mort des arbres atteints, propagation rapide aux arbres proches. Impact sur la santé humaine et animale.

Généralités et cycle de vie

Connu pour la migration de ses chenilles en file indienne, la Processionnaire du Pin (Thaumetopoea pityocampa) est un redoutable ravageur principalement dans les peuplements de pins et de cèdres. Au stade adulte, ce lépidoptère de la famille des Notodontidae devient un papillon de nuit. Cette chenille est notamment responsable de nombreux problèmes de santé publique.

Le papillon (stade adulte) est gris avec des motifs noirs et des tâches blanches. La femelle dépose ses œufs en rangées parallèles par paquets de 150 à 320, formant un manchon gris-argenté. L’éclosion donne naissance à des chenilles qui muent trois fois avant l’hiver. Au quatrième stade larvaire, elles forment un nid de soies volumineux pour passer l’hiver. Les chenilles sont brunes avec des tâches et sont recouvertes de poils urticants.

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Depuis plusieurs années, les populations présentent, sur un territoire donné, plusieurs cycles décalés les uns par rapport aux autres. De ce fait, les stades s’échelonnent non plus sur 1.5 mois mais sur 2 à 3 mois (voire plus). Ceci se traduit par une phase de migration qui débute de début décembre pour se poursuivre jusqu’à la mi-mai.

Impacts

En se nourrissant des aiguilles des résineux, la Processionnaire du Pin réduit la productivité et l’équilibre des forêts. Elle contribue à la mortalité des pins dans le cas d’attaques sur des sujets jeunes ou affaiblis par d’autres causes.

Ce ravageur représente aussi un problème de santé publique. Le pouvoir urticant des chenilles provient de poils microscopiques contenus dans les poches dorsales qui peuvent être éjectés dans l’air. Ils peuvent entraîner des problèmes cliniques chez les humains (irritations, réactions dermiques, oculaires, respiratoires, etc.) et affecter sérieusement les animaux domestiques et le bétail.

Symptômes

Le symptôme le plus facilement observable est la présence de nids dans les rameaux des arbres attaqués. Il s’agit d’un tissage de soies généralement volumineux (Ø > 10 cm), dans lequel les chenilles hivernent. Il est également possible d’observer les processions de chenilles au sol et sur les troncs entre le printemps et la fin de l’été.

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Procession caractéristique d’individus de Thaumetopoea pityocampa en file indienne à la surface d’un tronc.

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Nid tissé dans les rameaux avant la période hivernale.

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Papillon adulte de Thaumetopoea pityocampa

Moyens de Lutte

L’éradication de ce ravageur est impossible. La lutte consiste donc à une gestion des populations par différents moyens de lutte (prophylaxie, piégeage, lutte mécanique, lutte biologique).

Mesures Préventives
  • Améliorer la biodiversité des peuplements (inclure des feuillus).
  • Éviter les plantations de pins dans les secteurs favorables au ravageur.
  • Favoriser l’implantation de prédateurs (nichoirs à mésanges).
Piégeage
  • Utiliser des pièges pour capturer les chenilles lors de leur descente des arbres.
  • Utiliser une phéromone de synthèse pour capturer les papillons mâles.
Lutte mécanique
  • Couper et brûler les branches porteuses de nids (échenillage)
Lutte biologique
  • Traitement spécifique des stades larvaires de lépidoptères par un insecticide à base de Bacillus thuringiensis (à l’automne)
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Ecopiège de capture de chenilles processionnaires du pin
Que faire si j’observe des symptômes de la présence de ce ravageur ?

En cas d’observation de symptômes de la présence du ravageur, il faut marquer les arbres et mettre en place des mesures de lutte adaptées pour réguler les populations de chenilles processionnaires si cela est nécessaire.

En cas de doute, signaler les arbres marqués aux services compétents : au Service Régional de l’Alimentation (SRAL) ou aux Fédérations de Lutte contre les Organismes Nuisibles (FREDON et FDGDON). Ces organismes sont chargés de de la surveillance (confirmation de la présence de la maladie) et ils coordonnent la lutte contre ce ravageur.

Réglementation

En France, la lutte contre la processionnaire n’est pas obligatoire. Cet organisme nuisible n’est pas réglementé. Il est à la charge des particuliers et des collectivités de veiller à l’éradication de ce ravageur lorsqu’il est considéré comme nuisible pour les arbres attaqués ou dès lors qu’il présente un danger pour la santé humaine ou animale.