Ambroisie

L’Ambroisie

Espèces végétales : Ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.), Ambroisie à épis lisses (Ambrosia psilostachva DC.), Ambroisie trifide (Ambrosia trifida L.)

Famille : Astéracées

Impacts : Plantes invasives à fort pouvoir de dispersion ; colonisation rapide des milieux ouverts et des milieux agricoles propices ; persistance dans le sol et résistance aux herbicides ; pouvoir allergène très élevé (Environ 15% de la population sensible : rhinite, conjonctivite, asthme, eczéma..) ; impacts sur la biodiversité.

Généralités

L’Ambroisie (Ambrosia sp.) est une plante de la famille des astéracées. Il s’agit d’une plante invasive originaire d’Amérique du Nord, que l’on retrouve aujourd’hui en forte progression en Europe, en Asie et en Australie.

Le terme de « plantes invasives » (ou plantes exotiques envahissantes) définit des plantes exotiques, introduites volontairement ou non, qui prolifèrent dans un espace naturel au détriment de la biodiversité locale qu’elles peuvent complètement éliminer. Elles peuvent également avoir des conséquences néfastes sur l’environnement, la santé publique, l’économie

Au moment de la floraison, cette mauvaise herbe devient un buisson qui peut atteindre plus d’un mètre de haut. Elle produit de nombreuses inflorescences et dispose d’une capacité de reproduction extrêmement élevée. Ainsi, cette plante produit des quantités très importantes de pollen et de graines et se disperse rapidement sur le territoire. Celle-ci est considérée comme invasive dans les nombreuses régions de la métropole touchées, et sa progression sur le territoire continue malgré les mesures de lutte mises en œuvre.

Elle est aujourd’hui l’une des principales sources d’allergies et de problèmes respiratoires en France. Quelques graines de pollen dans l’air suffisent à provoquer des réactions allergiques. On estime que 15 % de la population française serait sensible à cette plante hautement allergène. En cas d’exposition, elle provoque rhinite, conjonctivite, voire asthme et eczéma.

Pour l’intérêt général et dans une optique de préservation de la santé publique, une lutte nationale est mise en place contre cette plante. Une mobilisation collective est donc nécessaire et indispensable pour limiter son implantation et les risques pour la santé des citoyens.

Biologie, émission de pollen et reproduction

L’ambroisie est une plante annuelle relativement tardive. Elle germe au printemps autour du mois d’avril, et continue son développement rapide en port buissonnant jusqu’à l’émission de fleurs à la fin du mois de Juillet. Après une phase de reproduction, elle mourra au début de l’hiver pour recommencer une nouvelle génération à partir des graines au printemps suivant.

Elle émets du pollen à partir de début Août, pour atteindre un pic d’émission (pic pollinique) à partir de Septembre. L’émission se poursuit en décroissant jusqu’en octobre.

Un seul pied est capable de produire plusieurs millions de grains de pollen chaque jour. Même rabattue ou taillée, la plante conserve une capacité d’émission de pollen très importante.

Le pollen émis par les fleurs mâle est microscopique (entre 18 et 20 µm de diamètre), et peut voyager en étant transporté par le vent sur des distances pouvant atteindre les 40 km.

La capacité d’émission de pollen est conditionnée par les conditions climatiques : un temps sec et venté, avec une température douce, facilite l’émission qui est à son maximum le matin et jusqu’en milieu de journée ; au contraire, la fraîcheur et l’humidité empêchent l’ouverture des fleurs mâles ainsi que l’entraînement du pollen par le vent.

Les fleurs femelles fécondées produisent des graines en grande quantité (pouvant dépasser 3 000 par pied). Ces graines tombent sur le sol à proximité de la plante mère. Elles s’accumulent ainsi dans le sol, et constituent une réserve capable de produire de très nombreuses générations d’ambroisie les années suivantes.

Colonisation et dispersion sur le territoire

L’Ambroisie est une plante dite « pionnière », qui privilégie les milieux ouverts peu occupés par la végétation. Elle tends à éviter la compétition pour l’espace et les ressources (eau, nutriments, …)  avec les autres espèces.

L’Ambroisie à feuille d’armoise préfère les sols légers mais pousse sur presque tout type de terrain s’ils sont perturbés et dénudés, jusqu’à 1400m d’altitude. Elle apprécie particulièrement les endroits chauds et les terres riches et sableuses, mais tolère aussi bien les sols argileux. Elle préfère les zones de plein soleil et résiste à la sécheresse. Elle apprécie tout spécialement les terres agricoles préparées pour les semis. Envahissant les cultures, cette espèce résistante aux traitements herbicides apparaît peu à peu dans les champs de tournesol et les jachères et pose de nombreux problèmes de gestion.
On la retrouve ainsi dans les décombres et décharges, les champs sur sol riche en éléments nutritifs, dans les endroits éclairés, chauds et modérément secs, en bord de voirie, sur les bords des cours d’eau, etc.

En première année de présence, elle pousse en abondance, mêlée aux armoises, aux orties, aux chénopodes, aux amarantes, et aux érigerons dans les terrains vagues, les jachères, les décharges publiques.

Les années suivantes, l’existence d’un couvert végétal au printemps du fait de la présence d’espèces germant à l’automne, réduit la lumière disponible et empêche la germination de l’ambroisie.

Celle-ci disparait donc assez rapidement d’une année sur l’autre, mais ses graines stockées dans le sol conservent leur capacité de germination pendant plusieurs années (souvent plus de 7 ans). L’ambroisie réapparaîtra donc immédiatement si une intervention quelconque (culture, travaux, mouvements de terre…) élimine le couvert végétal. De plus, en retournant la terre soit pour cultiver, soit lors de chantiers, l’homme fait remonter des graines d’ambroisie en surface, permettant ainsi leur germination.

Au delà se sa capacité à se maintenir dans le sol, la plante se disperse rapidement le long des voies de communication (routes, voies ferrées, fleuves …), par dispersion spontanée ou par l’intermédiaire de vecteurs (animaux, véhicules, Homme, …). Les transports de terres contaminées par les graines contribuent fortement à la dissémination de la plante. Les machines agricoles jouent aussi un rôle dans la dispersion lors de la récolte de cultures contenant de l’ambroisie.

Répartition nationale et régionale

Vous pouvez retrouver les dernières cartes détaillées de signalement de l’ambroisie sur le territoire français sur le site internet du ministère de la santé.

Consulter la dernière carte (Juin 2016) pour la région Occitanie.

Reconnaitre l’ambroisie

Consulter la fiche de reconnaissance de l’ambroisie.

  • Les feuilles : larges, minces, très découpées, elles sont du même vert sur chaque face, ce qui distingue la plante de l’armoise. Les feuilles, larges et opposées à la base des tiges, deviennent plus étroites et alternes vers le sommet.
  • La tige : Dressée, d’une hauteur de 30 à 120 cm (70 cm en moyenne). Elle est souvent rougeâtre et velue. Très ramifiée à la base, elle donne à la plante un port en buisson d’autant plus large que la plante dispose d’espace.
  • Les fleurs : Petites et verdâtres, elles sont disposées à l’extrémité des tiges. Comme pour le maïs, les fleurs mâles et femelles d’une même plante sont séparées. Les fleurs mâles sont groupée en longs épis bien visibles. Elles constituent l’essentiel de l’épi, regroupées dans de petits capitules en forme de cupule renversée, rattachée à l’épi par un pétiole. Un épi comprend de 20 à 50 capitules. Les fleurs mâles, à maturité, libèrent le pollen. Les fleurs femelles sont très discrètes, insérées à l’aisselle des feuilles à la base des épis, isolées ou groupées par deux. Deux longs stigmates filamenteux surmontent l’ovaire de chaque fleur femelle. Après fécondation par le pollen, chaque fleur donne un fruit appelé akène.
  • Les graines : Chaque akène contient une seule graine. Il est muni de 5 à 6 épines. La graine ne se sépare jamais de l’enveloppe. Elle germe au printemps après que le froid de l’hiver ait fait disparaître sa dormance.
Que faire si j’observe la présence de cette plante ?

En cas d’observation de plantes d’ambroisie dans la région, il faut localiser et signaler rapidement les plantes aux services compétents : la DRAAF-Occitanie et la FREDON Occitanie.

Vous pouvez également signaler la présence de la plante directement via la plateforme nationale « signalement ambroisie ».Cliquez sur l’icône pour accéder à la plateforme de signalement

Surveillance du territoire et réglementation

L’envahissement du territoire français par l’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.) constitue une préoccupation de santé publique. Afin de renforcer la coordination des moyens de lutte contre cette plante annuelle allergisante, le Ministère chargé de la Santé et l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) ont mis en place l’Observatoire des ambroisies en juin 2011.

L’observatoire met en valeur et favorise les actions efficaces pour un meilleur contrôle du développement de la plante et une réduction de son impact sur la santé et les milieux. Il à également pour tâche d’encourager la mise en place d’actions de prévention et de lutte, intégrant à la fois la gestion à court terme (production de pollen) et la gestion à long terme (production de semences) de cette plante envahissante, dans un contexte de respect de règles écologiques.

Les numéros de la « Lettre de l’Observatoire », lettre d’information sur la situation de l’ambroisie en France, sont disponibles en téléchargement sur le site web de l’observatoire des ambroisies.

Un réseau de surveillance de la qualité de l’air par rapport aux quantités de pollens d’ambroisie est également mobilisé sur le territoire, et des bulletins allergopolliniques sont publiés régulièrement pour informer le grand public (voir le site internet du RNSA – Réseau National de Surveillance Aérobiologique).